login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10228
Sommaire Publication complète Par article 33 / 34
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 885

*** CHRISTIAN MILELLI, FRANÇOISE HAY: La présence chinoise et indienne en Europe: au-delà des clichés. Centre d'études et de recherches internationales (56 rue Jacob, F-75006 Paris. Tél.: (33-1) 58717000 - fax: 58717090 - Courriel: info@ceri-sciences-po.org - Internet: http://www.ceri-sciences-po.org ). Collections « Les Études du CERI », n° 167. 2010, 42 p..

Quelles sont les conséquences, pour l'Europe, de la montée en puissance constante, ces dernières années, des pays dits « émergents » dans l'économie mondiale ? Les auteurs de cette étude ont eu la bonne idée d'apporter des réponses à cette question en se focalisant sur les investissements réalisés dans l'Union - ainsi qu'en Suisse - par des firmes chinoises et indiennes. Pourquoi ces deux seuls pays ? Parce que le retour de la Chine et de l'Inde au premier plan de l'économie mondiale interpelle tant par la taille de ces pays - près de 40% de la population mondiale à eux deux - que par leur dynamique - leurs taux de croissance économique sont parmi les plus élevés au monde, situation qui devrait se poursuivre dans les années à venir - et que par la vitalité de leurs firmes qui n'hésitent plus à concurrencer directement les grandes entreprises multinationales sur les marchés mondiaux ou même leurs marchés domestiques. Mais pourquoi la Chine et l'Inde seulement ? Parce que ces deux pays sont, avec Hong Kong, les premiers « pays émergents » investisseurs en Europe derrière le Brésil. Mais encore, pourquoi pas l'un ou l'autre, plutôt que les deux ? Parce que, expliquent les auteurs, la comparaison de leurs investissements et de leurs stratégies invite à dépasser les habituelles monographies et à élargir la réflexion en mettant en avant leurs spécificités, leurs analogies et leurs différences dans la manière d'embrasser la mondialisation. La démarche est d'autant plus pertinente que les entreprises multinationales qui ont vu le jour dans ces deux pays, pour jeunes et dynamiques qu'elles soient, demeurent « fortement liées au contexte, aux institutions et au marché de leur pays », à la différence des grandes entreprises multinationales occidentales qui, quant à elles, tendent à adopter des stratégies « témoignant de leur désir de s'affranchir de leur ancrage national traditionnel ». Dès lors, les deux auteurs ont été d'avis que la persistance d'un lien substantiel entre ces firmes et leur pays d'origine permettait de prendre en compte des voies distinctes de développement national et d'en apprécier les effets sur le comportement des firmes locales.

Toujours sur le plan de la méthodologie, pourquoi Christian Milelli (CNRS, Université de Paris-Ouest Nanterre La Défense) et Françoise Hay (Centre de recherche en économie et management de l'Université de Rennes I) ont-ils pris comme laboratoire l'espace européen - qu'ils abordent, au demeurant, en privilégiant les plus grands des États membres de l'Union ainsi que les pays d'Europe centrale ? Parce que l'Union européenne est la première zone d'accueil mondiale pour les investisseurs étrangers et qu'elle est devenue, ces dernières années, un partenaire commercial de premier plan pour la Chine et l'Inde. Ensuite parce que, « du fait de son niveau d'intégration institutionnelle et économique sans équivalent au plan mondial », elle « constitue un laboratoire idéal pour examiner en parallèle le comportement d'agents issus de pays aux caractéristiques et aux stratégies différentes ».

S'appuyant sur l'exploitation d'une base de données constituée et alimentée par les auteurs suite à des entretiens avec des cadres de filiales chinoises et indiennes et de représentants d'agences publiques installés dans l'Union, l'étude s'affiche de nature foncièrement empirique. Sa première partie est de nature descriptive et rappelle la présence mondiale de ces entreprises ainsi que la place de l'Europe comme zone de destination. Elle s'attache ensuite à identifier les principales caractéristiques d'entreprises peu ou mal connues, l'attention médiatique portée aux acquisitions d'Aventis par Ranbaxy Laboratories, d'Arcelor par Mittal, de Corus par Tata Steel, de Marionnaud par Hutchinson Whampoa ou de Volvo par Geely restant ponctuelle et limitée. Les deux auteurs s'emploient ainsi à éclairer l'étendue et la diversité des motivations et des stratégies des acteurs concernés. La deuxième partie de l'étude met l'accent sur le niveau infranational et examine les choix de localisation et les conditions d'inscription des filiales chinoises et indiennes dans les territoires européens d'accueil. Les auteurs s'y penchent aussi sur la nature du réseau d'interactions que ces entreprises auraient favorisé, ce qui leur permet de toucher aux dimensions sociales et culturelles de ces présences. Enfin, dans la troisième partie, résolument exploratoire, Christian Milelli et Françoise Hay esquissent un premier bilan de l'impact des investissements chinois et indiens sur les économies européennes, tout en étudiant les effets visibles de la crise financière globale de 2008. Leur idée sous-jacente est de fournir des éléments d'appréciation des conséquences de la venue de ces nouveaux agents économiques, tant à l'échelle européenne qu'à celle des différents pays d'accueil. Notamment à la lumière du fonds souverain et des autres fonds publics chinois actifs en Europe, faut-il se réjouir ou, plutôt, s'alarmer ? Et, dans ce dernier cas, faut-il prévoir au niveau de l'Union des mesures spécifiques de sauvegarde, voire de soutien spécifique quand c'est encore possible ? Autant de questions auxquelles les deux scientifiques se gardent d'apporter des réponses tranchées, préférant apporter un peu de lumière sur les enjeux en cause.

Pierre Bouvier

*** REINHARD HILDEBRANDT: US Hegemony. Glob al Ambitions and Decline. Éditions Peter Lang (1 Moosstrasse, CH-2542 Pieterlen, Suisse. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). 2009, 112 p., 13,80 €. ISBN 978-3-631-59731-6.

Cet ouvrage, que l'on doit à un politologue spécialisé dans les domaines de la globalisation et de la société civile, propose une analyse de la situation géopolitique actuelle des États-Unis et de la position changeante de ce pays sur l'échiquier international. Après la chute du Rideau de fer, les États-Unis se sont retrouvés seuls « survivants » de ce qu'ils percevaient comme une vraie guerre contre l'Union soviétique. Du point de vue des élites américaines au pouvoir, c'était l'occasion évidente de donner à l'hégémonie américaine, jusque là limitée, un caractère global. Cependant, quelques années plus tard, il apparaît que le contrepoids soviétique était en réalité nécessaire à la survie de l'hégémonie américaine. Preuves en sont les échecs des guerres en Irak et en Afghanistan, sans même parler des résultats de la prétendue guerre contre la terreur et les terroristes internationaux. De plus, peu gênés par un isolement qui semble imminent, les experts américains persistent à vouloir garder leur ancienne perception du rôle de leur pays: travailler pour le bien du monde et exercer leur pouvoir militaire même si le reste du monde s'y oppose. L'auteur attire l'attention sur le fait que ces experts semblent oublier, depuis un moment, l'émergence du triangle asiatique (Chine, Inde, Russie), ainsi que la réorientation qui a pris cours en Europe, ce qui, selon lui, devrait immanquablement mener au déclin d'une superpuissance qui se voulait hyperpuissance.

(NDu)

*** FABIEN MANGILLI: Le partenariat de l'Union européenne avec les États et groupements régionaux d'Amérique latine. Éditions Helbing Lichtenhahn (8 Elisabethenstrasse, CH-4051 Bâle. Tél.: (41-61) 2289070 - fax: 2289071 - Courriel: info@helbing.ch - Internet: http://www.helbing-shop.ch ), Bruylant (67 rue de la Régence, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 5129842 - fax: 5119477 - Courriel: jean@bruylant.be - Internet: http://www.bruylant.be ) et LGDJ (31 rue Falguière, F-75741 Paris). Collection « Dossiers de droit européen », n° 19. 2010, 480 p., 65 €, 98 CHF. ISBN 978-3-7190-2834-3 (Helbing Lichtenhahn) et 978-2-8027-2915-0 (Bruylant).

Ce fort bel ouvrage est une version remaniée et complétée d'une thèse de doctorat soutenue en 2007 à l'Université de Genève. Son auteur l'a consacrée en pur juriste à la manière dont l'Union européenne conduit, depuis le sommet de Rio de 1999, son partenariat avec les pays et groupements régionaux d'Amérique latine. Depuis, une communication de la Commission est venue, en décembre 2005, éclairer la stratégie mise en place en vue de développer une relation privilégiée avec ces partenaires, laquelle a pris la forme d'un « partenariat stratégique bi-régional » fondé sur trois axes principaux: dialogue politique, coopération et développement des relations commerciales. Toutefois, ce que le travail met en exergue, c'est l'existence d'une dichotomie entre différenciation et uniformisation, tant il est vrai que l'Union continue, pour l'instant, à entretenir des relations « encore segmentées » avec les différentes acteurs de l'Amérique latine, même si l'objectif final est bien celui d'une uniformisation à terme. Ayant renoncé à vouloir définir le concept « flottant » de partenariat qui l'aurait amené à devoir procéder à une étude comparative des autres partenariats de l'Union, par exemple celui avec les États ACP ou celui noué dans le cadre du processus de Barcelone, l'auteur a structuré en trois parties. La première est consacrée aux instruments juridiques du partenariat dans leurs aspects institutionnels, le droit de l'Union étant celui sur lequel se fonde la recherche même si des références sont faites au droit international, au droit prévalant en Amérique latine et au droit des traités, celui de l'OMC en particulier. La deuxième partie est consacrée au cadre institutionnel du partenariat et au système de règlement des différends, ce qui permet entre autres à l'auteur d'observer une approche fortement différenciée parmi les partenaires latino-américains alors que l'analyse des organes mixtes met en évidence le rôle joué par le système de répartition des compétences entre l'Union et ses États membres. La dernière partie porte enfin sur le contenu du partenariat tel qu'il est structuré par les trois axes principaux mentionnés ci-dessus. Dans ses conclusions, Fabien Mangilli juge en fin de compte « incorrect de parler » d'un partenariat, lui qui discerne plutôt trois catégories de pays liés à l'Union: d'abord, le Chili et le Mexique ; ensuite, le Mercosur et ses États membres ; enfin, les deux partenariats avec la Communauté andine et les pays d'Amérique centrale. En somme, il convient encore de parler, à ce stade, d'une « pluralité de partenariats », même si une tendance à l'uniformisation s'observe également, ce qui pourrait se concrétiser d'ici la fin de la décennie… même si l'auteur se garde bien d'affirmer de manière péremptoire qu'une association bi-régionale globale en bonne et due forme attendra l'Union et l'Amérique latine au bout du chemin.

(MT)

*** WOLFGANG BENEDEK, FLORENCE BENOIT-ROHMER, WOLFRAM KARL, MANFRED NOWAK (sous la dir. de): European Yearbook on Human Rights. Éditions NWP (Intersentia N.V., 31 Groenstraat, B-2640 Mortsel. Tél.: (32-3) 6801550 - fax: 6587121 - Internet: http://www.nwv.at ). 2010, 358 p.. ISBN 978-94-000-0063-6

L'année 2009 a été riche en changements politiques et juridiques concernant directement les droits de l'Homme avec, en particulier, l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, sans oublier différentes initiatives politiques visant à combattre le terrorisme. L'activité dans le domaine des droits de l'Homme s'est tellement intensifiée qu'il est difficile, même pour les experts, d'accompagner toutes les évolutions. D'où l'intérêt de cet ouvrage qui voit plus de trente experts dresser un état des lieux en la matière au terme de 2009. La première partie du livre s'attache à présenter les quatre « thèmes de l'année », à savoir les droits des immigrants dans l'Europe d'aujourd'hui, l'évolution des droits de l'Homme depuis la fin de la guerre froide et la manière dont l'adhésion des pays de l'ancien bloc communiste à l'Union les ont fait évoluer, un passage en revue des droits fondamentaux mis en place par le Traité de Lisbonne et une réflexion à propos du contre-terrorisme et sa relation avec les droits de l'Homme. Le reste de l'ouvrage est ensuite divisé en quatre chapitres examinant chacun comment les droits de l'Homme ont évolué à divers niveaux, à savoir notamment dans l'Union, ainsi qu'au sein du Conseil de l'Europe et de l'OSCE. La dernière partie de l'ouvrage propose enfin une analyse de la société civile et des organisations non gouvernementales vues par le prisme des droits de l'Homme.

(NDu)

*** WALTER LEAL FILHO, KERSTIN KUCHTA, FRANZISKA MANNKE, KONSTANTIN HAKER: Renewable Energy in Turkey and Selected European Countries. Potentials, Policies and Techniques. Peter Lang (voir coordonnées supra). 2009, 231 p., 34,40 €. ISBN 978-3-631-59922-8.

Alors que le domaine de l'énergie renouvelable prend une place grandissante dans les préoccupations de par le monde, le manque de matériaux et de documents d'étude concernant ce sujet est frappant. C'est à cette carence que les auteurs de cet ouvrage cherchent à pallier, leur étude se centrant prioritairement sur les évolutions législatives en Turquie, en Suède et en Allemagne. Tous issus du secteur de la recherche et de l'éducation dans les énergies renouvelables, les auteurs ont eu pour but de créer du matériel destiné à l'enseignement universitaire relatif à ces questions. Produite dans le cadre des « Réseaux d'Énergie Renouvelable entre Universités turques et européennes », l'étude s'intéresse aussi à des thèmes comme l'énergie solaire, l'énergie issue des déchets et la gestion de ces derniers, les biocarburants ou les biogaz. Il va de soi qu'il s'agit d'un livre destiné avant tout à ceux qui, enseignants ou étudiants, baignent dans le milieu universitaire.

(NDu)

*** TASSADIT YACINE, MARIA-ANGELS ROQUE, MANSOUR GHAKI, MOHAMED CHAFIK (sous la dir. de): Les Berbères: les défis de l'amazighité aujourd'hui. Éditions Publisud (15 rue des Cinq Diamants, F-75013 Paris. Tél.: (33-1) 45807850 - fax: 45899415 - Courriel: publisud.editions@cegetel.net - Internet: http://www.editionspublisud.hautetfort.com ). Collection « Études méditerranéennes ». 2010, 264 p., 32 €. ISBN 978-2-86600-495-8.

La civilisation amazighe, ou berbère, constitue l'une des plus grandes cultures de l'histoire et de l'espace méditerranéens. Elle vit toujours de nos jours sous différentes appellations: rifains, soussis, kabyles ou touarègues continuent à revendiquer leur propre culture au Maroc, en Libye, en Algérie, au Niger et au Mali, alors même que la diaspora amazighe cherche aujourd'hui, dans les pays occidentaux, à être reconnue en tant que telle et à ne plus être uniquement assimilée à un grand amalgame arabo-musulman. Prolongement d'un symposium international organisé par l'Institut européen de la Méditerranée, cet ouvrage est une introduction idéale à cette culture méconnue.

(MT)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE