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Bulletin Quotidien Europe N° 10227
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/rÉgions/mer

Jean-Yves Le Drian élu président de la CRPM - Les priorités de Maria Damanaki

Aberdeen, 01/10/2010 (Agence Europe) - Jean-Yves Le Drian, président de la Région Bretagne et ancien secrétaire d'État français à la Mer, a été élu à la présidence de la Conférence des Régions périphériques maritimes (CRPM), lors de l'assemblée générale de cette dernière à Aberdeen, vendredi 1er octobre. Dès sa prise de fonction, le président Le Drian a souligné les principaux enjeux de son mandat: la politique de cohésion, « car il s'agit là de ce qui nous permet de développer nos atouts », et la politique maritime, « qui est notre identité profonde ». Il a souligné l'importance de suivre d'autres domaines d'action: « Je serai en particulier attaché à faire progresser le dossier de l'accessibilité qui n'est pas encore parvenu à un niveau qui puisse nous satisfaire », a-t-il souligné. La mise en œuvre de ces propositions ne peut se faire que dans le cadre d'une gestion renouvelée de la CRPM, raison pour laquelle M. Le Drian s'est engagé à mettre en place « un nouveau mode de gouvernance interne qui s'appuie sur la représentation démocratique de la CRPM. Nous devons incarner l'ouverture, la transparence, la modernité et l'efficacité et renforcer la place du politique dans les travaux de la CRPM ».

Jean-Yves Le Drian s'est par ailleurs félicité de l'aboutissement de propositions concrètes pour lesquelles la commissaire en charge des affaires maritimes et de la pêche, Maria Damanaki, a montré un vif intérêt, à savoir le programme Vasco de Gama (mobilité interrégionale des jeunes dans le secteur maritime, « un Erasmus maritime ») et le forum interne à la CRPM Aquamarina, dont le but est d'aider à la mise en œuvre des actions, de se pencher sur la dimension sociale des métiers de la mer mais aussi d'interpeller la Commission. Le paquet sur la sécurité maritime « Erika IV » a été lancé. Il va permettre d'anticiper les questions de sécurité, qu'il y a toujours, comme par exemple celles concernant actuellement les plateformes pétrolières, l'accessibilité. Sur le réseau des transports européens, Jean-Yves le Drian a déclaré: « Ce qui nous intéresse, c'est que l'accessibilité soit prise en compte au niveau portuaire et qu'il y ait une connexion interportuaire ». À propos des nouvelles perspectives financières, le président de la CRPM a fait part de son sentiment: « La posture qui domine, c'est le statu quo. On ne comprendrait pas que l'on rogne sur les dispositions de la cohésion. Nous sommes dans une logique de combat ». Et, comme l'a souligné la secrétaire générale de la CRPM, Eleni Marianou, « on ne peut pas demander plus avec moins ! ». Jean-Yves Le Drian s'est encore prononcé contre la conditionnalité macro-économique. « C'est un concept technocratique, cela ressemble à une prise d'otages! », s'est-il exclamé.

Dans son allocution lors de la session consacrée à l'agenda maritime, Maria Damanaki s'est félicitée du fait que la Commission et la CRPM « sont engagées dans un même bateau. C'est positif pour l'avenir. Nous allons travailler ensemble pour l'orientation à y donner. J'ai hâte d'établir la carte de notre avenir ensemble! ». À propos du programme Vasco de Gama, la commissaire a rappelé que la crise économique avait également laissé des traces sur l'économie maritime. « Nous devons maintenant travailler sur la manière dont la politique maritime peut amorcer à la fois la croissance et la durabilité économique et environnementale. Nous sommes convaincus que les régions peuvent et doivent être les acteurs clés de la croissance intelligente, durable et inclusive que la stratégie UE 2020 va initier », a-t-elle indiqué en rappelant que la Commission avait établi un programme financier de 50 millions d'euros pour soutenir le développement de la politique maritime intégrée pour 2011, 2012 et 2013 (EUROPE n° 10226).

Répondant aux diverses préoccupations des participants, Maria Damanaki a dit qu'elle était à la disposition des représentants du secteur de la pêche pour recevoir leurs propositions régionales, et qu'elle était prête à faire en sorte d'améliorer leur situation. « Nous voulons que la réforme de la pêche soit véritable, qu'elle entraîne de véritables changements », a-t-elle précisé. Elle a assuré que la Commission ferait tout pour sécuriser les forages pétroliers en mer (qui représentent d'énormes revenus), respecter l'environnement des régions côtières et des individus qui y habitent et vivent, pour éviter que la catastrophe du Golfe du Mexique ne se reproduise dans d'autres mers. Le mois prochain, la Commission proposera de décréter un moratoire sur les nouveaux forages offshore, dans l'attente de nouvelles normes et d'informations plus précises sur l'état de sécurité des plateformes existantes. La Commission fera aussi des propositions pour s'assurer que les sociétés travaillant dans le secteur aient le savoir-faire et la connaissance des technologies en cas de catastrophe.

Au sujet des aides au secteur de la pêche, la commissaire a indiqué que « l'on se dirige vers le financement d'une attitude plus verte, et d'engins de pêche plus sélectifs ». La commissaire Damanaki a également indiqué qu'elle ne pouvait pas ignorer les conseils scientifiques qui lui sont donnés pour prendre des décisions. « La seule façon pour moi de travailler, c'est d'avoir un organe scientifique indépendant. On ne peut dire que l'on exclut telle ou telle région: nous avons des eaux côtières communes dans l'UE, nous devons apprendre à les partager. C'est la raison pour laquelle on doit tenir compte de l'avis des scientifiques », a-t-elle conclu. (G.B.)

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