Bruxelles, 15/07/2010 (Agence Europe) - Les ministres européens chargés des questions d'asile ont décidé, jeudi 15 juillet, de continuer à travailler en vue d'aboutir à un régime commun européen en matière d'asile, malgré la grande réticence des États membres, a déclaré, jeudi 15 juillet, la Présidence belge de l'UE. « Nous avons décidé d'avancer sur quatre des six textes actuellement pendants: 'Eurodac', 'Dublin', 'qualification' et 'résidents de longue durée' sur lesquels nous pensons que dans le courant de la Présidence belge un accord pourrait être trouvé (…) Mais il existe énormément de réticences », a déclaré Melchior Wathelet, le secrétaire d'État belge à la politique de migration et d'asile, après une réunion informelle avec ses collègues, à Bruxelles. « Nous avons toutefois rappelé qu'il est fondamental de continuer à travailler sur les deux autres textes, 'accueil' et 'procédures', qui font intégralement partie de ce régime commun d'asile que nous devons établir en 2012 », a-t-il ajouté, au Palais d'Egmont. Le débat a presque été entièrement consacré à la révision du règlement de Dublin qui identifie l'État prenant en charge le demandeur d'asile. « Il reste une difficulté importante relative à la révision de ce règlement, notamment la question sensible de la suspension possible du système de Dublin», a souligné le ministre. Près de 20 pays se sont prononcés contre cette possibilité. Les mécanismes de solidarité entre États, tels que la suspension du transfert d'un demandeur d'asile vers le pays par lequel il est entré dans l'Union afin d'alléger une trop forte pression des demandeurs d'asile sur ce pays, restent difficilement acceptables pour les pays de l'UE qui préfèrent que ces pays situés en première ligne renforcent leurs contrôles aux frontières. « Mais la question de la solidarité ne se limite pas à Dublin. Elle est multiple et les réponses peuvent être différentes en fonction de chaque pays. Il faut élargir le panel de mécanismes liés à la solidarité. Outre Dublin, il faut utiliser: le bureau d'appui, les projets pilotes, les soutiens financiers, les échanges de bonnes pratiques en matière d'accueil, de suivi et d'intégration », a rappelé M. Wathelet. De son côté, la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a estimé que la solidarité devait s'accompagner d'«une responsabilité » de la part des États membres, qui doivent respecter les normes qui existent déjà. Elle a dit qu'elle envisagerait la création d'un mécanisme, qui serait utilisé dans des circonstances extraordinaires et sous contrôle, pour soulager les pays sujets à des pressions particulières. (B.C.)