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Bulletin Quotidien Europe N° 10171
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

La crise suisse pourrait rebondir et impliquer l'UE

Bruxelles, 30/06/2010 (Agence Europe) - La Suisse étudie la possibilité de déposer une plainte contre Tripoli, écrit l'agence Swissinfo suite à l'affaire des deux ressortissants suisses maintenus contre leur gré en Libye. La crise avait été dénouée grâce à une médiation européenne, espagnole en l'occurrence, après avoir mis à mal le fonctionnement du système communautaire Schengen sur l'octroi de visas. Mais l'affaire pourrait rebondir avec le dépôt annoncé d'une telle plainte (sans toutefois savoir devant quelle juridiction à ce stade) et, bien plus encore, par le séquestre de fonds libyens ordonné par la justice suisse.

Le compromis apaisant, acquis grâce à la méditation européenne, est en passe d'être mis à mal par le développement d'une crise interne assez forte. Un déballage est en cours: « Dix jours après le retour du second otage de Libye, l'affaire continue d'agiter les médias et de secouer la classe politique suisse », confirme un média local. L'ancien ambassadeur de Suisse à Tripoli, Daniel von Muralt, indique qu'il a eu de « profondes divergences de vues avec la ministre suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, concernant une offre de la Libye pour une sortie anticipée de la crise ».

Dernier rebondissement: « Engager une procédure contre la Libye pour violation des droits de l'homme, c'est l'idée lancée dans le débat public par la ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey ». Berne étudie les diverses options possibles sur le terrain de la justice internationale (cour européenne, cour internationale, cadre juridique africain, etc.). Cela coïncide avec le débat en cours à Bruxelles, notamment au Parlement européen sur les droits de l'Homme dans le pays et ses rapports avec diverses conventions internationales (EUROPE n° 10167).

Les voix les plus apaisantes ont été celles de personnes qui ont directement souffert de la crise avec la Libye. Dans le journal « Le Matin », la deuxième personne qui avait été retenue en Libye, Rachid Hamdani, ne comprend pas pourquoi « on se tire dessus à l'interne ». « On dirait que la Suisse n'est pas habituée au conflit ». Selon lui, le pays a « un problème de manque de maturité ».

Mais la crise n'est plus seulement interne et pourrait de nouveau affecter les rapports avec Tripoli. Le quotidien Le Temps indique qu'une société suisse a placé sous séquestre 11,6 millions de francs appartenant à des fonds souverains contrôlés par un proche du Guide. La société plaignante avait été contrainte de liquider ses affaires et de déguerpir en 45 jours, après l'arrestation, le 15 juillet 2008 à Genève, d'Hannibal Kadhafi, fils du «Guide de la Grande Jamahiriya arabe, libyenne et populaire». « Sur le plan économique, le conflit entre la Suisse et la Libye ne fait que commencer », constate Le Temps. (F.B.)

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