Bruxelles, 30/06/2010 (Agence Europe) - Comme nous l'avions annoncé (EUROPE n°10169), la Turquie et l'UE ont ouvert, mercredi 30 juin, un 13ème chapitre dans les négociations d'adhésion: sécurité alimentaire et phytosanitaire. « Cette ouverture a une grande importance politique car elle démontre que le processus d'adhésion de la Turquie est toujours vivant, que les négociations progressent et que l'UE maintient son engagement de 2005 (donné au moment de l'ouverture des pourparlers) en faveur de l'adhésion de la Turquie », a affirmé le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, après la réunion. L'Espagne, qui terminait mercredi sa présidence européenne, continuera à défendre « l'importance stratégique d'avoir la Turquie dans l'UE », a souligné M. Moratinos. Le ministre espagnol s'est aussi dit « sûr » qu'une « majorité des Européens », y compris au Parlement européen, était favorable à l'adhésion de la Turquie. M. Moratinos pense que d'autres chapitres pourront être ouverts d'ici la fin de l'année sous Présidence belge.
Stefan Füle, le commissaire à l'Élargissement, a lui aussi estimé que l'ouverture du chapitre sécurité alimentaire « reflète les efforts (de réforme) que la Turquie fait sur le terrain » et qu'elle constitue une « preuve tangible » du respect de l'engagement de l'UE vis-à-vis de la Turquie. Il a appelé les États membres à mener une « politique de doute zéro » sur cet engagement et la Turquie à mettre en place une « politique d'hésitation zéro » pour la poursuite des réformes.
Pour le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Davutoglu, qui avait fait le déplacement à Bruxelles, l'ouverture du nouveau chapitre prouve que la Turquie est prête à travailler « jour et nuit » pour remplir les critères techniques et législatifs imposés par l'UE. En revanche, « si l'on met des obstacles politiques, ça devient très difficile », a dit M. Davutoglu en faisant référence à la décision de l'UE de suspendre huit chapitres suite au refus de la Turquie d'ouvrir ses ports et aéroports à Chypre. Le commissaire Stefan Füle a souligné que l'application du protocole d'Ankara était la « clé » pour dynamiser les négociations d'adhésion. (H.B.)