Bruxelles, 29/06/2010 (Agence Europe) - Le vice-président de la Commission chargé de la politique de concurrence, Joaquín Almunia, devrait proposer, le 6 juillet prochain, de prolonger pour 12 ans le régime spécial autorisant les aides publiques dont bénéficie l'industrie houillère au titre du règlement 1407/2002 qui viendra à expiration à la fin de l'année. Faute d'une prolongation de ce régime, le secteur serait soumis aux règles générales sur les aides d'État, ce qui mettrait en danger environ 100.000 emplois directs. La proposition, qui devra être adoptée à l'unanimité par les États membres, doit accompagner un processus de fermeture progressive des charbonnages. À partir de 2011, les aides devront être réduites progressivement suivant des tranches de 25% tous les 3 ans, pour cesser définitivement en 2022. De plus, elles ne devront concerner que des unités non rentables, destinées à être fermées. Les aides devront être récupérées si l'unité bénéficiaire n'est pas fermée. La proposition est en porte-à-faux avec la politique générale de l'Union européenne concernant la lutte contre le changement climatique et son annonce a suscité de vives réactions notamment de l'eurodéputé luxembourgeois Claude Turmes (Verts/ALE), qui y a vu le résultat d'une opération de lobbying de l'industrie houillère espagnole et qui a demandé que l'on confie ce dossier à quelqu'un de plus neutre que le commissaire Almunia, trop impliqué, à son avis. Rappelons que les mines de charbon sont concentrées particulièrement dans la Ruhr (Allemagne), en Pologne, dans la partie nord-ouest de l'Espagne ou dans la vallée de Jiu, en Roumanie. (F.G.)