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Bulletin Quotidien Europe N° 10170
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

La sécurité du forage offshore au centre du dialogue UE/OPEP

Bruxelles, 29/06/2010 (Agence Europe) - Le désastre causé par le forage pétrolier offshore du pétrolier britannique BP dans le golfe du Mexique (États-Unis) fut largement évoqué à l'occasion de la 7ème réunion ministérielle du dialogue énergétique entre l'UE et l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), lundi 28 juin à Bruxelles. À la tête des délégations, qui comprenaient aussi le ministre belge de l'Énergie Paul Magnette et le conseiller du ministre espagnol de l'Énergie Alfonso Gonzalez Finat côté européen, le ministre équatorien du Pétrole et président en exercice de l'OPEP Wilson Pástor-Morris et le ministre iranien du Pétrole Masoud Mir-Kazemi côté OPEP, le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger et le secrétaire général de l'OPEP Salem El-Badri ont exprimé leur préoccupation à l'égard du désastre et convenu qu'un délai de réflexion sera nécessaire avant de prendre des mesures politiques. « De bonnes réponses ont besoin de temps », a insisté M. Oettinger, qui a engagé un débat au niveau communautaire sur la sécurité des plateformes de forage pétrolier et gazier (EUROPE n° 10166). Soulignant l'expérience de l'UE en matière d'extraction, et notant que les forages en mer du Nord sont moins profonds que ceux du golfe du Mexique, le commissaire a admis que des techniques toujours plus avancées poussent les entreprises aux limites de la technologie. « Cela pose des questions graves et urgentes », a-t-il insisté, plaidant pour un système de réglementation qui rassure les citoyens européens sur l'impact de l'industrie offshore. M. El-Badri s'est quant à lui dit plus prudent sur la nécessité de mesures politiques contre les forages pétroliers en eau profonde, et il a paru réticent à blâmer BP. « Nous ne pouvons pas dire que BP a une mauvaise réputation. Nous ne savons pas ce qui s'est passé dans le golfe du Mexique. Actuellement, nous évaluons la situation. Peut-être que c'était une erreur humaine ou de conception, mais nous devrons attendre », a-t-il insisté. Les ministres de l'UE et de l'OPEP ont convenu de la tenue, début 2011 à Bruxelles, d'un tour de table international sur la sécurité du forage offshore, avec des représentants de l'industrie et des autorités nationales de régulation.

Au plan bilatéral, les discussions entre les représentants de l'UE et de l'OPEP, qui ont établi en 2004 un dialogue bilatéral de haut niveau pour améliorer des relations entre pays producteurs et pays consommateurs, ont porté sur les moyens de renforcer la coopération énergétique entre les deux blocs et de stabiliser les prix du pétrole. Dans une déclaration conjointe, les ministres réaffirment leur convergence de vues sur le fait que les combustibles fossiles « continueront à satisfaire la plupart des besoins énergétiques du monde, le pétrole jouant un rôle moteur ». « La croissance de la demande globale de pétrole devrait reprendre en 2010 », poursuivent-ils, réaffirmant l'engagement de l'UE et de l'OPEP en faveur des principes de développement durable. Le texte confirme aussi « l'intérêt mutuel des États membres de l'UE et des pays de l'OPEP pour des marchés du pétrole stables, transparents et prévisibles ». Pour réduire au minimum le risque d'une volatilité excessive du marché, les parties réaffirment aussi leur attachement à des réformes réglementaires adéquates, dans le cadre d'un remodelage global du secteur financier. La déclaration indique en outre que le dialogue énergétique UE/OPEP continuera d'analyser les causes premières de la récente crise économique et financière mondiale, y compris les pertes financières encourues par les pays producteurs.

De son côté, l'OPEP considère que l'influence des marchés financiers sur les prix du brut mérite davantage d'attention, ces prix suivant étroitement les mouvements des valeurs mobilières et du dollar US, selon M. El-Badri. Interrogé par la presse sur le prix du pétrole idéal à la fois pour les producteurs et les consommateurs, le secrétaire de l'OPEP a indiqué que le cartel n'avait « pas d'objectif ». « Ce dont nous avons besoin, c'est d'un prix raisonnable de sorte que nous puissions investir dans de nouvelles capacités. Je ne peux pas donner de chiffre. En ce moment, nous sommes confortables avec le niveau du prix », a-t-il expliqué. Pour sa part, M. Oettinger considère que les mécanismes de prix fonctionnent bien. « Nous pensons que les règles de fixation des prix sont correctes et intactes », a estimé le commissaire à l'Énergie. En ouverture des travaux, M. El Badri a assuré que les pays de l'OPEP continueront à investir pour accroître les capacités en amont et en aval, en dépit de l'incertitude provoquée par des prix du pétrole volatils. Le secrétaire général de l'OPEP a aussi souligné l'importance que les pays producteurs reçoivent des signaux fiables du marché et que les pays consommateurs mènent des politiques énergétiques prévisibles afin que les premiers élaborent leurs stratégies d'investissement et allouent leurs ressources financières adéquatement.

La 8ème réunion ministérielle est fixée au mois de juin 2011, à Vienne. (E.H.)

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