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Bulletin Quotidien Europe N° 10141
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/royaume-uni

William Hague dévoile les orientations (plutôt rassurantes) de la future politique européenne du nouveau gouvernement

Bruxelles, 18/05/2010 (Agence Europe) - Le nouveau gouvernement britannique, formé par les conservateurs du Premier ministre David Cameron et les libéraux-démocrates de Nick Clegg, ne fera pas obstacle à la création du service européen d'action extérieure (SEAE) et souhaite jouer un rôle constructif au sein de l'Union européenne qu'il juge « très importante » pour le Royaume-Uni. C'est en tout cas ce qu'affirme le nouveau ministre des Affaires étrangères (Foreign secretary), William Hague, dans une carte blanche publiée dans Europe's World, une publication des Amis de l'Europe. « L'UE est une institution d'une importance énorme pour le Royaume-Uni et la politique étrangère britannique », y affirme l'ancien dirigeant eurosceptique des Tories. « Malgré la crise économique actuelle, l'Europe n'a jamais été plus libre, plus stable et plus prospère et l'Union européenne y a contribué considérablement », dit-il. Cependant, poursuit le ministre conservateur, l'UE ne doit pas se reposer sur ses lauriers: « Aujourd'hui, ses États membres doivent coopérer sur les nouveaux défis auxquels nous devons faire face au 21ème siècle: lutte contre le changement climatique, lutte contre la pauvreté, sécurisation de nos approvisionnements énergétiques ». L'UE doit avant tout renforcer sa compétitivité économique. Herman Van Rompuy, le président stable du Conseil européen, « a raison » quand il dit que l'Europe a besoin de plus de croissance économique et que la compétitivité constitue le problème le plus pressant de l'UE, affirme M. Hague. Il plaide aussi pour un renforcement du marché intérieur et la simplification administrative et législative. Sur toutes ces questions, le nouveau gouvernement britannique sera « actif », annonce-t-il.

Élargissement. Sur le plan de la politique étrangère, M. Hague réitère tout d'abord l'attachement des conservateurs britanniques à la poursuite de l'élargissement. La perspective d'adhésion est « cruciale » pour faire avancer les réformes et assurer la stabilité dans les Balkans, dit-il. En Bosnie-Herzégovine, l'UE devrait par ailleurs appliquer une politique plus « musclée » et menacer de prendre des « sanctions ciblées contre les politiciens qui minent l'État de Bosnie » car les conséquences d'une désintégration de la Bosnie seraient « catastrophiques ». L'adhésion de la Turquie reste également un objectif prioritaire du gouvernement britannique ; l'UE y gagnerait sur le plan économique et de la sécurité de ses approvisionnements énergétiques, estime M. Hague. Par ailleurs, Ankara serait aussi « un interlocuteur idéal entre l'Europe et le Proche-Orient ».

Service diplomatique européen. « Le nouveau gouvernement britannique entend jouer un rôle de premier ordre dans la discussion sur les affaires étrangères de l'UE », annonce M. Hague, soulignant que les conservateurs britanniques ont toujours estimé « qu'il est dans l'intérêt commun des nations d'Europe que nous utilisions notre poids collectif dans le monde ». Le gouvernement britannique sera un « défenseur ardu » de l'action collective de l'UE sur la scène internationale, annonce M. Hague. Le gouvernement britannique n'empêchera pas la création du SEAE, même si les Tories restent sceptiques quant à sa capacité à rendre l'action extérieure de l'UE plus efficace. « Il est vrai qu'au sein du parti conservateur, nous n'étions pas convaincus de l'utilité du SEAE en tant que service, mais son existence est maintenant un fait », constate M. Hague. « Nous souhaitons maintenant la mise en place la plus rapide d'un service qui doit jouer un rôle positif pour l'UE et avoir la confiance de ses États membres », ajoute le ministre qui assure que Londres travaillera « étroitement » avec Catherine Ashton à qui il souhaite beaucoup de succès.

Traité de Lisbonne. Le fait que le peuple britannique n'ait pas eu l'occasion se prononcer, lors d'un référendum, sur la ratification du nouveau traité de l'UE, « a fait beaucoup de tort à la légitimité démocratique de l'Union européenne au Royaume-Uni », affirme M. Hague qui ajoute que cette légitimité doit maintenant être « rétablie ». Ainsi, le gouvernement de David Cameron souhaite négocier des « garanties spécifiques » pour le Royaume-Uni à propos de la Charte des droits fondamentaux, la coopération judiciaire pénale et la législation en matière de politique sociale et d'emploi, annonce M. Hague. L'objectif de ces revendications n'est pas de « frustrer ou de saboter l'Union européenne mais de placer le rôle du Royaume-Uni dans l'UE sur une base plus positive », dit-il. Le but est d'obtenir ces garanties d'ici la fin du mandat du gouvernement. « Nous prendrons notre temps pour négocier avec fermeté, patience et respect », assure M. Hague. (H.B.)

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