Bruxelles, 18/05/2010 (Agence Europe) - Face aux réactions des places financières qui craignent que les mesures d'austérité affecteront la reprise économique de la zone euro, l'appel en faveur d'une consolidation budgétaire accélérée a été plus prudent, lundi soir. Les ajustements budgétaires restent essentiels, mais doivent nécessairement être différenciés selon les pays, ont insisté Olli Rehn et Jean-Claude Juncker, à l'issue de l'Eurogroupe. « Même si la consolidation budgétaire est un must, il n'en reste pas moins important que nous fassions preuve de différenciation dans nos politiques économiques dans la zone euro », a précisé le commissaire, pour qui « les efforts de consolidation budgétaire doivent avoir lieu de façon différenciée d'un État membre à l'autre en fonction de leur situation budgétaire et de leurs vulnérabilités propres ». Ainsi, « les pays qui n'ont pas ou peu de marge de manœuvre au plan budgétaire vont se livrer à des opérations de « frontloading » (pour anticiper l'ajustement, NdlR), alors que ceux qui ont une marge de manœuvre devraient maintenir leurs objectifs et mettre en œuvre leurs plans budgétaires actuels ». Selon lui, « il est important que tout le monde n'accélère pas cette consolidation budgétaire de façon uniforme car cela entraînerait une position budgétaire très restrictive pour la zone euro, avec le risque d'un frein pour la relance économique ». La Commission fera, d'ici l'été, une évaluation des effets des mesures de consolidation budgétaire prises par les États membres sur la reprise économique, a précisé M. Juncker.
Selon lui, l'Eurogroupe a jugé satisfaisantes les mesures prises par l'Espagne et le Portugal: « Nous pensons que les mesures prises par les gouvernements espagnol et portugais sont des mesures courageuses et indiquent une trajectoire d'ajustement qui nous donne satisfaction », a-t-il dit, en attendant d'évaluer plus en détail l'ensemble de ces mesures lors de la prochaine réunion, le 7 juin à Luxembourg.
« Nous avons de bonnes raisons de penser que la Grèce est sur la bonne voie » et que le pays remplira ses obligations, a par ailleurs souligné M. Juncker, qui a confirmé le déboursement, mardi 18 mai, de la première tranche de prêts en faveur d'Athènes (14,5 milliards venant de la zone euro et 5,5 milliards de la part du FMI). (A.B.)