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Bulletin Quotidien Europe N° 10118
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Économie

Quelles leçons tirer de la crise grecque ?

Bruxelles, 14/04/2010 (Agence Europe) - Tirer les enseignements des errances budgétaires et statistiques grecques au cours des dernières années pour renforcer la gouvernance économique européenne, tel était le sujet d'une audition organisée mercredi 14 avril au Parlement européen. Afin d'identifier les lacunes, les erreurs ou les manigances qui ont contribué à conduire la Grèce au bord du gouffre, la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires avait notamment réuni le commissaire Olli Rehn, le directeur général d'Eurostat et des représentants du secteur financier, comme le président de Goldman Sachs USA et celui de l'Association internationale des swaps et dérivés (ISDA).

Après avoir évoqué les principaux éléments de la communication visant à renforcer la coordination des politiques économiques qu'il présentera au Collège le 12 mai prochain (voir autre nouvelle), le commissaire est revenu plus en détail sur certains points. Il a notamment rejeté l'idée de Derk Jan Eppink (CRE, belge), qui se demandait si une exclusion de la zone euro en cas de non respect des règles ne serait pas le meilleur encouragement pour garder un pays sous contrôle. Cela exigerait qu'on amende les traités et « j'ai quelques réserves quant à l'éventualité d'une sortie forcée de l'euro », a déclaré M. Rehn.

Au cours de son enquête sur la qualité des statistiques grecques, Eurostat a constaté que le gouvernement grec avait utilisé, par le passé, certains produits dérivés innovants afin de réduire artificiellement sa dette, a d'emblée reconnu Walter Rademacher, directeur général d'Eurostat. Mais jusqu'à quel point Eurostat et la Commission sont-ils au courant de l'ingénierie financière utilisée par certains États membres pour maquiller les comptes nationaux ? s'est notamment interrogé José Garcia Margallo y Marfil. Dans le cas de la Grèce, c'est le recours aux « swaps », avec l'aide de Goldman Sachs, qui a été fustigé. Si elles n'étaient pas forcément légitimes, les opérations de swaps étaient légales à l'époque (elles ne le sont plus depuis 2008), a rappelé M. Rehn. Si d'autres pays ont aussi eu recours à un tel mécanisme créatif (Italie, Pologne, Belgique et Allemagne), ils ont depuis révisé les données budgétaires du passé en tenant compte de ces transactions, a ajouté M. Rademacher. Toutefois, « il est probable que Goldman Sachs n'ait pas été la seule institution » à participer à ce type d'opérations.

Werner Langen (PPE, allemand) s'est ensuite demandé si la Commission européenne comptait poursuivre Goldman Sachs pour sa participation au maquillage de comptes publics. Circonspect, Olle Schmidt (ADLE, suédois) a plutôt rappelé que « notre Assemblée doit aussi assumer une part de responsabilité », pour avoir accepté l'entrée de la Grèce dans la zone euro il y a près de dix ans. « Il ne s'agit pas de pointer quiconque du doigt », a acquiescé M. Rehn. « Le problème n'est pas qu'on n'a pas su ce qui se passait, mais qu'on ne veut pas faire l'Europe en ce moment », a pour sa part résumé Sylvie Goulard, en appelant la Commission à redevenir une institution centrale qui promeut l'intérêt commun et arrête de jouer avec les États membres. Une mise au point inutile, aux yeux du commissaire, qui assure qu'en tant que gardienne des traités, la Commission a bel et bien l'intention d'utiliser son droit d'initiative. Sur la gouvernance économique comme sur d'autres. (A.B.)

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