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Bulletin Quotidien Europe N° 10118
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/politique rÉgionale

Pour Michael Häupl (CCRE), le « well-being » des citoyens est facteur de réussite de l'UE - La stratégie UE 2020 bientôt aux oubliettes ? - Les industries créatives, clefs de l'emploi pour l'avenir

Bruxelles, 14/04/2010 (Agence Europe) - L'Union européenne ne doit pas se concentrer uniquement sur des critères économiques pour l'utilisation des Fonds structurels mais aussi sur la qualité de vie des citoyens. Le meilleur moyen, c'est de passer par les villes et régions d'Europe, les seules à pouvoir faire passer les messages politiques auprès de leurs citoyens. Le bien-être (well-being) des citoyens fait partie des facteurs qui conduisent à la réussite de l'Union européenne. Tel est le message qu'est venu porter à Bruxelles Michael Häupl, président du Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE), maire et gouverneur de Vienne. Au cours d'un entretien avec EUROPE, le président Häupl s'est inquiété de la manière dont les clauses du Traité de Lisbonne seront transposées dans les États membres ainsi que des chances de succès de la stratégie de l'UE 2020. Michael Häupl a fait part de son soutien à l'idée de solidarité inhérente à la politique de cohésion et jugé essentiel la situation des finances des villes pour montrer aux gens comment on peut les aider à vivre en dépit de difficultés sociales très dures.

Michael Häupl a fait référence à son prédécesseur à la présidence du CCRE, Valéry Giscard d'Estaing, qui a eu une très grande influence sur la réalisation de l'Europe et plus particulièrement sur ce qui est inscrit dans le Traité de Lisbonne. En ce qui concerne le rôle des autorités locales, M. Häupl a attiré l'attention sur la nécessité de voir comment les clauses dudit traité seront appliquées, tout en veillant à ce que la transposition du Traité de Lisbonne dans les États membres se fasse de telle sorte que le principe de subsidiarité soit respecté et qu'il ne soit ni négligé ni oublié. Le Parlement européen, le Comité des Régions, Eurocities et le CCRE vont débuter leurs réflexions sur ce point, a assuré Michael Häupl qui, dès mercredi midi, en a parlé avec le commissaire à la Politique régionale, Johannes Hahn. Des idées concrètes sur la mise en application des clauses du Traité de Lisbonne émergeront pour la prochaine réunion du comité directeur du CCRE, qui se tient à Oslo en juin 2010, et qui seront finalisées fin 2010.

« J'essaye d'être poli pour ne pas être trop critique ! », s'est exclamé Michael Häupl à propos de la stratégie UE 2020. Une stratégie pour laquelle le président du CCRE ne nourrit pas beaucoup d'espoir « parce que le processus n'a bénéficié que de peu de temps pour la réflexion ». M. Häupl a dit craindre que la stratégie 2020 « sera bientôt oubliée ! ». C'est pourquoi Michael Häupl préfère se concentrer sur le programme de travail de la Commission dont il constate qu' « il ne reflète pas nécessairement l'esprit du traité » et qu' « il fallait faire mieux ». Le rôle de la politique de cohésion dans cette stratégie ? Il s'agit d'une politique « qui permet de mettre en place les idées de la stratégie UE 2020, mais une coopération avec les autorités territoriales s'impose. Sinon, ce sera l'échec ».

Concernant ses priorités dans le débat sur la réforme de la politique régionale, Michael Häupl a déclaré qu' « il soutenait l'idée de la politique de cohésion, à savoir assister les régions défavorisées et en retard de développement. L'idée de solidarité reste toujours très valable ». Pour le président du CCRE, deux principes doivent être respectés: (1) il faut coopérer avec les autorités régionales et territoriales pour élaborer une politique efficace, (2) pour que cela se traduise au niveau des villes, un nouveau programme URBAN ne s'avère pas nécessaire. Mais, précise Michael Häupl, on pourrait envisager de cofinancer des projets dans la recherche, le développement, les industries créatives.

Le secrétaire général du CCRE, Frederic Vallier, a noté qu'à Vienne, près de 100 000 emplois ont été créés dans le domaine des industries créatives, ce qui témoigne du potentiel très important dans le secteur créatif. Dans le domaine de la production industrielle, 60 000 emplois ont été créés (chiffres actuels). M. Häupl a relevé que la situation du secteur de la production est volatile, instable tandis que celle de la créativité est assez stable. Et Frederic Vallier de conclure: « Les régions et les villes du 21ème siècle seront des régions et des villes créatives ! »

Comment répondre aux inquiétudes sociales des citadins suite à la crise financière et économique ? « On ne peut avoir une solution pour toutes les villes. Il faut voir au cas par cas », a affirmé Michael Häupl. Ainsi, Vienne compte 6,5% de chômeurs (ce qui est plutôt bien si on s'en réfère aux statistiques de l'UE), a expliqué M. Häupl en insistant sur l'importance de la situation financière des villes pour répondre adéquatement aux demandes de ses citoyens pour investir dans les marchés publics, les infrastructures et pour réduire, par exemple, les frais des crèches d'enfants et pour les aider à vivre dans des situations sociales difficiles. Ceci est possible dans les villes qui sont « assez riches ». Cela nécessite aussi de prendre à l'avenir des initiatives pour équilibrer les dépenses qui ont augmenté. Frederic Vallier a conclu sur ce constat: « Les villes sont en situation de crise, qu'il s'agisse de questions de chômage et de pauvreté qui augmentent. Les politiques européennes de relance ou de sortie de crise doivent être concertées avec les villes et les régions pour trouver les solutions les mieux adaptées localement ». (G.B.)

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