Bruxelles, 14/04/2010 (Agence Europe) - L'institut indépendant European Climate Foundation (ECF) a transmis à la Présidence espagnole et aux commissaires européens Günther Oettinger (Energie) et Connie Hedegaard (Climat), mardi 13 avril, un rapport intitulé « Feuille de route 2050 pour une Europe prospère et à faible teneur en carbone », qui examine la faisabilité d'une réduction des émissions de CO2 entre 80 et 95% par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2050, comme décidé par le Conseil européen en octobre 2009. Sur la base d'analyses économiques, politiques et techniques menées par des organismes de consultance (Imperial College London, KEMA, McKinsey & Company, Oxford Economics et Office of Metropolitan Architecture), des gestionnaires de réseaux de transports d'énergie (TSO) et des ONG, la Feuille de route 2050 se concentre sur le rôle crucial d'un secteur énergétique à teneur en carbone nulle pour réaliser les objectifs climatiques et en matière de sécurité énergétique à long terme de l'UE, et explore différentes voies à cette fin. La feuille de route examine donc plusieurs scénarios de décarbonisation pour le secteur de l'électricité et les implications à court terme de cet engagement à long terme. L'analyse conclut que le coût futur de l'électricité dans un système de production à faible teneur en carbone est comparable au coût futur de l'électricité dans le système actuel à forte intensité carbonique ; seul le niveau d'investissement requis au début du cycle diffère ; l'ECF souligne en particulier que la décarbonisation du secteur de l'électricité dans l'UE à l'horizon 2050 nécessitera un doublement des investissements d'ici 15 ans. La Feuille de route 2050 insiste aussi sur la mise en place d'un réseau interrégional européen de transmission pour fournir le niveau de fiabilité auquel les utilisateurs s'attendent dans tous les scénarios. En outre, l'analyse insiste sur le fait que toute action avant 2015 est un préalable à la décarbonisation de l'Europe d'ici 2050. Dans ce but, les politiques devraient immédiatement se focaliser sur des mesures d'efficacité énergétique, des investissements dans l'interconnexion régionale des réseaux, ainsi que la réforme du marché.
Rôle prépondérant pour l'Espagne et de la France dans le développement des renouvelables
Selon le rapport de l'ECF, le développement des énergies renouvelables dans l'UE nécessitera en moyenne 52 milliards d'euros d'investissement par an jusqu'en 2050, et deux États membres en particulier, la France et l'Espagne, seront prépondérants dans cette action. Selon le rapport, le solaire et l'éolien seront les deux principales sources d'énergie renouvelables appelées à remplacer le pétrole, le gaz et le charbon d'ici 2050. L'Espagne doit devenir le principal producteur d'énergie solaire de l'UE ; son réseau permettra d'acheminera l'essentiel de la production solaire d'Afrique du Nord via le détroit de Gibraltar. La France, pour sa part, tient un double rôle: elle devrait produire une partie substantielle de l'énergie éolienne de l'UE et, compte tenu de sa situation centrale, devenir la plaque tournante du transit de l'électricité produite en Espagne et au Royaume-Uni vers le nord et l'est de l'UE. Alors que le réseau existant entre l'Espagne et la France a actuellement une capacité de 1 gigawatt (GW), elle devra être portée à 47 GW en 2050. Celui entre la France et l'Allemagne devra passer de 6 à 20 GW, celui entre la France et le Royaume-Uni de 2 à 12 GW et celui entre la France et l'Europe centrale de 3 à 15 GW.
Le rapport de l'ECF peut être téléchargé à l'adresse suivante: http://www.roadmap2050.eu . (E.H.)