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Bulletin Quotidien Europe N° 10111
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/onu/haÏti

à New York, l'UE a promis 1,235 milliard d'euros pour la reconstruction d'Haïti

Bruxelles, 01/04/2010 (Agence Europe) - Haïti peut compter sur 9,9 milliards de dollars pour sa reconstruction au cours des trois prochaines années et au-delà, dont 5,3 milliards pour les deux prochaines années. Les promesses des 136 donateurs mercredi 31 mars à New York à la conférence internationale pour « un nouvel avenir en Haïti », si elles sont tenues, dépassent toutes les attentes, y compris celles de Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, et celles de René Préval, le président de l'île dévastée par le tremblement de terre très puissant du 12 janvier. C'est 3,8 milliards de dollars qu'Haïti espérait pouvoir recueillir pour remettre sur les rails l'économie du pays dans les dix-huit mois.

Sur le montant cumulé des promesses de dons, l'Union européenne a annoncé une contribution de 1,235 milliard d'euros (soit environ 1,6 milliard de dollars) sur trois ans pour la reconstruction et le développement d'Haïti à moyen terme. L'annonce a été faite par la voix de Catherine Ashton, la Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, et vice-présidente de la Commission européenne, mandatée par l'UE pour la représenter à New York (EUROPE n° 10109 et 10103).

« Au nom de l'Union européenne, je fais une promesse de don de 1,235 milliard d'euros pour le plan d'action du gouvernement d'Haïti, soit l'équivalent de 1,6 milliard de dollars. Ce montant s'ajoute aux 295 millions d'euros que l'UE a déjà fournis en aide humanitaire. Et il s'ajoute aussi aux 650 millions d'euros que les citoyens, partout en Europe, ont sortis de leur poche pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre. Gouvernements et citoyens confondus, une contribution totale proche de 3 milliards de dollars US », a déclaré Mme Ashton. Plus de 300 millions d'euros avaient déjà été engagés par la Commission européenne et les 27 États membres de l'UE au lendemain du séisme pour soutenir le relèvement du pays, au-delà de l'aide de première urgence (quelque 100 millions d'euros pour la réhabilitation rapide de l'État, et 200 millions d'euros pour la reconstruction). L'UE a donc augmenté son aide à la reconstruction d'1 milliard d'euros environ.

Parmi les 27 États membres de l'UE, la France, représentée à New York par Bernard Kouchner, son ministre des Affaires étrangères, a offert de débourser 180 millions d'euros (soit 243 millions de dollars) sur deux ans (2010 et 2011), pour l'alimentation et la restauration de l'autorité de l'État à Haïti. Par la voix de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, les États-Unis ont, quant à eux, promis 1,15 milliard de dollars. Tous les donateurs sont convenus que l'élan de générosité de New York n'est qu'une étape. Selon une estimation liminaire des besoins sur laquelle se fonde le Plan d'action national de dix ans « pour le relèvement et le développement national: les grands chantiers pour l'avenir » qu'a présenté le Premier ministre haïtien aux donateurs réunis, il faudra au minimum 11,5 milliards de dollars pour reconstruire Haïti.

En annonçant la contribution européenne, Catherine Ashton a insisté sur l'appropriation de la reconstruction par les Haïtiens eux-mêmes dans le respect des priorités nationales dûment identifiées pour offrir un avenir économique à tout le peuple haïtien, et surtout aux enfants. « Nous avons devant nous le plan d'action du gouvernement haïtien. Il se fonde sur les meilleurs conseils que les Nations unies, la Banque mondiale, l'UE, les États-Unis et d'autres partenaires clés ont à offrir. Il a bénéficié des apports du secteur privé, des ONG, des fonctionnaires du gouvernement local et de la diaspora aussi. Mais c'est le plan du gouvernement d'Haïti qui reflète sa vision du futur. C'est ainsi que les choses doivent être. C'est votre pays, nous comptons bien que vous soyez chefs de file. Notre rôle est d'aider », a déclaré la Haute représentante. Hillary Clinton a estimé, elle aussi, que les dirigeants d'Haïti doivent être leaders. Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises, a souligné la nécessité d'un engagement à long terme, tout en rappelant que « pendant encore un an au moins, probablement, les opérations de secours seront nécessaires ». Et d'alerter sur les deux problèmes humanitaires urgents: la sécurité dans les camps (en particulier pour les femmes et les enfants) et l'approche de la saison des cyclones qui rend « absolument nécessaire le réapprovisionnement des stocks d'aide humanitaire urgente. Au nom de la Présidence tournante de l'UE, Maria Teresa Fernandez de la Vega, première vice-présidente du gouvernement espagnol, a appelé la communauté internationale à « accompagner Haïti dans la construction d'un État stable, participatif, honnête et transparent ». Depuis Tenerife (Espagne) où ils étaient réunis en Assemblée parlementaire paritaire, 78 députés européens et 78 élus des pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) ont demandé, lors d'un débat organisé à la veille de la conférence de New York, l'annulation de la dette extérieure d'Haïti, estimée à 1 milliard de dollars. Ils ont aussi plaidé pour l'investissement dans des constructions résistantes aux séismes et pour une reforestation massive en Haïti. La résolution qu'ils ont adoptée jeudi 1er avril invite l'UE et les autres pays donateurs à redoubler d'efforts pour qu'à l'occasion de la reconstruction d'Haïti, ils réparent les dommages structurels dont a souffert le pays. L'UE est en outre invitée à fournir une aide urgente en vue de répondre aux besoins de première nécessité des enfants, notamment la construction d'écoles temporaires. (A.N.)

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