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Bulletin Quotidien Europe N° 10111
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

Les anciennes subventions aux pêcheurs ont en partie favorisé la surexploitation des stocks de poisson, selon une étude

Bruxelles, 01/04/2010 (Agence Europe) - Les subventions européennes versées entre 2000 et 2006 aux pêcheurs ont en partie encouragé la surexploitation des stocks de poisson et le maintien de capacités de pêche excessives par rapport aux ressources disponibles, selon une étude publiée mercredi 31 mars par l'ONG Pew Environment Group et la société de conseil britannique Poseidon. Cette étude, qui selon la Commission européenne n'apporte rien de nouveau car elle porte sur l'ancien programme d'aide, a été menée dans dix États de l'UE et a porté sur 93% des 4,9 milliards d'euros versés au titre de l'Instrument financier d'orientation de la pêche (IFOP) entre 2000 et 2006 (dont 46% des fonds destinés à l'Espagne, 11% à l'Italie et 9% à la France).

« Le lien entre les subventions à la pêche et la surexploitation des stocks est clair », estime Tim Huntington, consultant chez Poseidon, cité dans un communiqué de presse. Si plus de la moitié des fonds versés (54%) ont eu un impact neutre, 29% ont contribué à l'augmentation des capacités de pêche (modernisation des navires ou construction de nouveaux principalement), alors que seuls 17% ont effectivement permis la réduction des capacités (primes à la casse et aide à la cessation temporaire des activités de pêche), selon l'étude. Les pays où la proportion des aides est la plus négative (nouveaux navires, modernisation des embarcations) sont l'Espagne, la France, le Portugal et l'Allemagne.

L'argent a davantage servi à moderniser et à construire des navires de plus de 24 mètres qu'à en détruire, alors que la proportion s'inverse dans le cas de la pêche côtière artisanale de moins de douze mètres.

Sur cette même période, quelque 3 000 navires de pêche ont bénéficié d'aides à la construction (les trois quarts en Espagne), et 8 000 autres ont bénéficié d'aides à la modernisation. Seuls 6 000 navires, dont beaucoup étaient des petits bateaux de pêche côtière grecs et italiens, ont bénéficié d'aides à la casse.

Les auteurs du rapport précisent que les capacités de pêche entre 2000 et 2006 ont été réduites de seulement 3% en tonnage et de 7% en puissance, alors que chaque année les améliorations technologiques permettent de gagner entre 2 et 3% de puissance de pêche.

La Commission européenne s'est défendue de ces attaques en précisant que l'IFOP est l'ancien système d'aide à la pêche qui a été remplacé par le Fonds européen pour la pêche (2007-2013) après la réforme de 2002. Or, d'après la Commission, la réforme de 2002 a permis de régler la plupart des problèmes de ce type (subventionner la construction de nouveaux bateaux). Le nouveau Fonds européen pour la pêche ne prévoit pas d'aide à la construction de nouveaux navires, précise la Commission. La Commission admet toutefois que le problème de la surcapacité de la flotte de pêche reste entier et que c'est un des sujets de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP). La Commission cherche des moyens pour faire en sorte que les subventions aillent en priorité aux mesures de réduction des capacités de pêche. (L.C.)

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