Bruxelles, 16/03/2010 (Agence Europe) - Les ministres de la Santé de l'Union européenne ont signé, lundi 15 mars à Barcelone, à l'occasion d'une conférence sur la santé en ligne, une déclaration institutionnelle reconnaissant la valeur stratégique de la télémédecine pour le développement d'une plus grande cohésion européenne. La commissaire Neelie Kroes, responsable de l'agenda numérique, a qualifié de « cruciale » la signature de cette déclaration afin de promouvoir l'application de l'« e-santé ». Pour la ministre espagnole de la Santé et de la Politique sociale, Trinidad Jiménez, le texte reflète « l'extraordinaire compromis politique et stratégique de nos États dans le domaine de la santé électronique ».
Alors que 29% de la population de l'UE aura plus de 65 ans en 2050, selon les dernières statistiques, la conférence ministérielle de la santé en ligne a rappelé que les technologies de l'information peuvent apporter des solutions nouvelles aux problèmes de viabilité à long terme auxquels font face les systèmes de santé nationaux, notamment en matière de prévention et de prédiction des maladies, de demande de soins de qualité et centrés sur le patient ou de mobilité internationale des patients. Les ministres européens ont souligné la nécessité d'avoir une vision identique en la matière et d'établir des priorités pour que l'e-santé soit plus accessible, interactive et adaptée aux besoins des patients. Rappelant que la santé en ligne représente un marché de 15 milliards d'euros par an et connaît un fort potentiel de croissance, la commissaire Neelie Kroes a affirmé: « Dans le domaine de l'e-santé, l'Europe est leader mondial, et bien que parfois d'autres régions du monde essaient d'occuper cette place, nous sommes et nous resterons les premiers ». L'UE doit toutefois faire des efforts pour conserver cette place: « Nous devons passer à la vitesse supérieure, nos économies l'exigent et nos citoyens l'attendent et, plus que jamais, nous avons besoin d'emplois de haute qualité et des services que ce secteur fournit à nos sociétés ». Selon elle, la télésanté doit devenir une réalité dès aujourd'hui, sinon les systèmes de santé européens ne pourront pas fonctionner demain. Elle a appelé dès lors à inclure dans les priorités de l'UE un marché unique pour la santé électronique. La déclaration cosignée par les ministres européens comporte cinq éléments clés pour parvenir à une vision commune dans les dix prochaines années: 1) l'engagement en faveur d'une coordination politique plus importante entre les différents domaines dans lesquels l'e-santé peut augmenter les bénéfices pour la santé des citoyens ; 2) le besoin de synergies accrues à l'échelle nationale et européenne en matière de compétitivité, de recherche et de développement ;
3) l'importance d'intégrer pleinement la santé électronique dans l'ensemble des politiques européennes et dans le développement de la stratégie européenne de l'après 2010 ; 4) l'organisation d'actions à l'échelle européenne liées à l'innovation et au développement de la télésanté afin d'améliorer sa viabilité technique et la sécurité juridique de la gestion des données par l'intermédiaire de moyens numériques ; 5) l'implication de tous les secteurs concernés dans le développement et la planification de l'e-santé.
La conférence ministérielle de la santé en ligne, dont il s'agit de la huitième édition, s'est tenue, pour la première fois cette année, en parallèle avec la « World of Health IT Conference & Exhibition (WoHIT) », un événement de portée internationale qui se tient du 16 au 18 mars et qui est organisé par les parties intéressées et par la direction générale Société de l'information et médias de la Commission européenne. Les deux événements sont chapeautés par la quatrième semaine de la santé en ligne « e-Health Week 2010 » sous le thème « La santé en ligne pour des soins de santé durables: des actions locales pour des changements planétaires ». Il s'agit d'événements d'envergure internationale consacrés aux technologies de l'information appliquées aux soins de santé. Plus de deux milles personnes devraient y participer. (I.L.)