Bruxelles, 16/03/2010 (Agence Europe) - Le Parlement européen a célébré, mardi 16 mars à Bruxelles, la journée internationale de la femme 2010 par un séminaire réunissant députés européens, députés nationaux et experts pour débattre d'une question: Comment lutter contre les violences conjugales ? Le Parlement a également lancé une campagne intitulée « Violence against women: we can stop it ! », grâce essentiellement à l'excellente coopération entre la Commission européenne et le Parlement européen et grâce au fait que la Présidence espagnole de l'UE en ait fait un cheval de bataille de son mandat.
Décrire la réalité. Devant la presse, Eva-Britt Svensson (GUE/NGL, suédoise), présidente de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres, a estimé essentiel de décrire la réalité des nombreuses femmes qui vivent sous la crainte des abus et de dire que « nous pouvons arrêter cela ». « C'est nécessaire et obligatoire », a-t-elle affirmé, en se référant au rapport adopté par le Parlement européen en février qui présente des mesures pour arrêter cette violence (EUROPE n° 10076). « Ce sont les premiers pas vers l'arrêt de la violence basée sur le genre », a-t-elle conclu.
Changement d'idéologie, de mentalité et de politique. Pour Ines Alberdi, directeur exécutif du Fonds de développement des Nations unies pour la Femme, « beaucoup reste à faire ». Il faut un changement d'idéologie et de mentalité (notamment changer les relations entre les hommes et les femmes dans ce domaine ou encore défendre le droit à la liberté et à l'autonomie de chaque femme et de chaque fille pour qu'elles puissent vivre en dehors de la violence et de la peur), mais aussi un changement politique (des nouvelles lois avec des plans de mise en œuvre, avec des changements de comportements, l'entraînement des forces de l'ordre, des mesures pour châtier les responsables de ces violences, ou encore en finir avec l'impunité des agresseurs). « Punir la violence contre les femmes est la mesure la plus élémentaire pour arrêter ces violences. Ce sont les lois qui punissent cette violence en tant que crime », a rappelé à la presse Mme Alberdi.
Il faut agir. S'exprimant à l'ouverture du séminaire, le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a insisté sur la nécessité « d'agir ». « La nouveauté, aujourd'hui par rapport au passé, c'est qu'on en parle, qu'on essaye de surmonter les craintes mais aussi d'apporter une aide pour que le sentiment de honte de ces femmes ne s'accroisse pas ». Notant qu' « Europol ne s'occupe pas de ces problèmes », le président Buzek a affirmé: « Nous parlons des problèmes les plus aigus », comme le fait que, sur le lieu de travail, les femmes ne sont pas traitées de la même façon que les hommes, « ce qui est plus difficile pour elles en ces temps de chômage ». Ou encore le fait que les femmes pourraient bénéficier de « régimes budgétaires spéciaux », comme par exemple d'une diminution de la charge fiscale en proportion du nombre d'enfants dans la famille.
Un Observatoire européen sur la violence envers les femmes. La ministre espagnole de l'Égalité, Bibiana Aído Almagro, a demandé d'examiner l'éradication de la violence domestique à l'égard des femmes, tant la violence domestique affective que le trafic des femmes et des petites filles à des fins d'exploitation sexuelle, et que les pratiques liées à certaines coutumes (excision, crimes d'honneur, mariages forcés).
« Aucune forme de violence n'est acceptée dans une société démocratique », s'est exclamée Mme Aido Almagro pour qui les États membres doivent développer des stratégies, des plans nationaux, des méthodes de prévention pour lutter contre ce type de violence. Il faut aussi mettre en place des indicateurs pour les 27 États membres, des sources d'informations valables pour nos politiques et évaluer les résultats. Bibiana Aido Almagro a encore demandé que soit mis en place un Observatoire européen sur la violence envers les femmes et a annoncé la présentation, au cours du premier semestre 2010, d'une proposition de directive sur la lutte contre la traite des êtres humains.
La violence envers les femmes est un crime. «Nous avons besoin des hommes pour nous aider à résoudre ces problèmes », a déclaré d'entrée de jeu la vice-présidente de la Commission et en charge de l'Égalité des chances, Viviane Reding, pour qui « tous les jours, c'est la journée de la femme et cela depuis 100 ans ! ». Présentant la Charte des femmes (EUROPE n° 10092), Mme Reding a insisté sur un domaine d'action: la dignité, l'intégrité et l'élimination de la violence fondée sur le genre, « car il s'agit d'une violation des droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles ». Pour Mme Reding, il est important que les femmes s'expriment pour briser ce tabou. Viviane Reding a annoncé la présentation, en septembre prochain, par la Commission d'une stratégie sur l'égalité hommes-femmes 2010-2015 ainsi que l'organisation, le 25 novembre, d'une conférence sur l'élimination des violences contre les femmes, « une violence qui est un crime ! », a conclu Viviane Reding. (G.B.)