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Bulletin Quotidien Europe N° 10099
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

Oceana demande la protection du thon rouge et de huit espèces de requins

Bruxelles, 16/03/2010 (Agence Europe) - Oceana, une organisation qui milite pour la protection des mers, confirme, mardi 16 mars, qu'elle soutient la proposition de Monaco consistant à interdire le commerce international du thon rouge. Elle demande aussi une réglementation de la pêche de huit espèces de requins. Ces requêtes sont faites alors que se tient à Doha (Qatar), du 13 au 25 mars, la conférence de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui doit se prononcer notamment sur ces espèces marines. Les discussions sur le thon rouge, entre les 175 pays membres de la CITES, débuteront jeudi 18 mars.

Oceana demande que huit espèces de requins soient inscrites à l'Annexe II de la CITES. Ce qui permettrait de réglementer le commerce à l'aide de permis d'exportation. Les populations de requins déclinent à cause de la demande internationale surtout en ailerons. Les États-Unis et les Palaos ont soumis des propositions pour le requin océanique longimane à aileron blanc (les populations de requins océaniques ont enregistré un déclin de 60-70% dans l'océan Atlantique Nord-Ouest et central) et le requin-marteau halicorne. De plus, les États-Unis et les Palaos ont proposé l'inscription sur les listes de quatre « espèces d'aspect semblable », le requin requiem de sable, le requin gris, le requin-marteau lisse et le grand requin-marteau, parce qu'il est difficile de distinguer leurs ailerons de ceux du requin-marteau halicorne. L'Union européenne et les Palaos ont également soumis des propositions pour protéger le requin taupe commun et l'aiguillat commun (il est surexploité pour sa chair, souvent vendue dans les fish and chips dans les îles britanniques).

Depuis quelques années, un nombre croissant de poissons exploités à des fins commerciales sont soumis aux contrôles de la CITES comme par exemple le requin pèlerin et le requin-baleine, inscrits à l'Annexe II en 2002, le grand requin blanc et le napoléon inscrits en 2004, et l'anguille européenne et les poissons-scies inscrits en 2007.

« La pêche illégale et le commerce international font que le thon rouge de l'Atlantique est en voie d'extinction », font valoir les experts d'Oceana, qui rappelle que le prix d'un seul thon rouge peut atteindre plus de 100 000 dollars aux enchères de Tokyo, ce qui motive les pêcheurs à dépasser les quotas. La population de thons rouges de l'Atlantique Ouest a connu un déclin de plus de 82 %, selon Oceana.

La diplomatie du thon rouge agite les couloirs de la CITES. Monaco demande de laisser cette espèce tranquille « cinq ou dix ans » pour éviter la catastrophe annoncée (l'extinction de l'espèce). Mais le Japon, qui consomme environ 80% des prises mondiales, ou un pays pêcheur comme la Tunisie, ont déjà engagé les hostilités. Et la technique de lobbying du Japon serait redoutable. À ce stade, Monaco peut compter sur le soutien de l'UE, des États-Unis, de la Norvège, de la Suisse, de la Colombie, du Costa Rica, de l'Équateur et de la Serbie. Mais selon une source européenne, « le Canada, l'Australie et le Brésil s'abstiendront et l'Afrique de l'Ouest est encore indécise ». Quant à la Chine, elle est comme le Japon, plutôt hostile à voir la CITES se mêler des espèces marines commerciales. Pour qu'une proposition soit adoptée, il faut qu'elle recueille l'assentiment de deux-tiers des parties à la CITES.

Enfin, les États-Unis et l'UE (la Suède en est à l'origine) ont proposé que les 31 espèces de la famille des coralliidae (Corallium spp./Paracorallium spp.) soient inscrites à l'Annexe II de la CITES. Il s'agit des plus précieux de tous les coraux, le corail rouge et le corail rose, qui sont prélevés depuis plus de 5000 ans pour être utilisés en bijouterie et comme objets décoratifs. Leurs colonies arborescentes créent des habitats de choix pour d'innombrables autres espèces dans les eaux tropicales, subtropicales et tempérées, souvent à de grandes profondeurs. Le prélèvement excessif à des fins de commerce international et la destruction de colonies entières par des chaluts et des dragues ont grandement affecté leur capacité de reproduction et de régénération. Selon Oceana, les plateformes coralliennes ont diminué de 60 à 80 % depuis les années 1980, et les populations de polypes (modules reproducteurs) ont connu un déclin d'environ 80 à 90 %. (L.C.)

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