Bruxelles, 12/03/2010 (Agence Europe) - Le Comité permanent de sécurité intérieure (COSI), qui a tenu sa première réunion, jeudi 11 mars, a décidé que l'une de ses priorités serait de s'attaquer au fléau de la drogue en Europe. Les plus hauts responsables de la sécurité intérieure des Vingt-sept ont en effet indiqué leur volonté de travailler rapidement au développement opérationnel du Pacte européen de lutte contre le trafic de drogue, lequel met un accent particulier sur la cocaïne en provenance d'Afrique de l'Ouest et l'héroïne en provenance de l'est de l'UE. Ce projet d'origine française a été soutenu par les Vingt-Sept en février à Bruxelles et devrait recevoir l'approbation formelle des ministres fin avril (EUROPE n° 10086). Dans ce contexte, la France a présenté un document de travail détaillant son projet. Certains pays ont estimé que la lutte contre le trafic de drogue devait également concerner les drogues synthétiques et le cannabis. L'Allemagne a cependant rappelé qu'il était important que le projet pilote se concentre sur des thèmes précis, à savoir la cocaïne et l'héroïne, pour être sûr d'aboutir à des résultats, lesquels pourraient servir de moteur à d'autres initiatives ultérieures. Au terme d'une réunion qui a duré huit heures, les membres du COSI ont passé en revue différents autres points. Ils ont tout d'abord confirmé le COSI dans son rôle de pilote de la nouvelle stratégie de sécurité intérieure (SSI) de l'UE adoptée en février (EUROPE n° 10086). À cet égard, ils ont admis que la lutte contre la criminalité organisée devait être au cœur des travaux futurs. Un échange de vues a également eu lieu sur le rôle stratégique du COSI. S'il ne dispose d'aucune attribution législative, le COSI pourrait en revanche évaluer des instruments qui facilitent ou ralentissent la coopération opérationnelle dans l'Union. Concernant la coordination des agences qui traitent des questions liées à la sécurité (Europol, Eurojust, Frontex et Cepol), le COSI attend le rapport que doit normalement lui fournir Europol en avril/mai prochain. Enfin, les Espagnols veulent parvenir à identifier un projet d'opération commune à grande échelle qui pourrait conduire à des arrestations, à l'image de l'opération réalisée au début de l'année par la Belgique, la France, l'Allemagne contre le mouvement armé kurde du PKK. Le coordinateur antiterroriste de l'UE, Gilles de Kerchove, a indiqué que la lutte contre le terrorisme serait propice au développement d'une telle opération conjointe. La prochaine réunion du COSI est prévue pour la mi-avril. (B.C.)