Bruxelles, 12/03/2010 (Agence Europe) - Mardi 16 mars, l'Office européen de sélection du personnel (EPSO) lancera une procédure de recrutement des fonctionnaires de l'UE « modernisée et simplifiée », explique la Commission européenne. EPSO lancera un premier concours pour administrateurs selon le nouveau système amélioré grâce notamment à l'organisation de concours annuels pour les profils professionnels les plus courants. Cette procédure sera plus rapide et plus efficace et comportera moins d'étapes que les procédures actuelles. Elle sera également renforcée, l'évaluation n'étant plus axée sur les connaissances, mais sur les compétences, dont il est avéré qu'il s'agit d'un des meilleurs indicateurs des performances professionnelles futures.
L'EPSO a instauré un programme triennal glissant dans le cadre duquel les institutions évaluent régulièrement leurs besoins de personnel. Des concours de recrutement annuels seront organisés en trois cycles (pour les administrateurs, pour les assistants et pour les linguistes) et seront complétés par des concours individuels s'adressant à des spécialistes. Pour éviter, comme cela était souvent le cas jusqu'à présent, que des lauréats demeurent plusieurs années sur une liste sans trouver de poste, les listes de réserve ne resteront valables qu'un an, jusqu'à ce que le cycle de concours de l'année suivante soit terminé. La plupart des candidats figurant sur les listes de réserve seront invités à un entretien. Les participants pourront recevoir un retour sur leur performance lors du concours, ce qui évitera de longues procédures de réexamen.
La nouvelle procédure de sélection de l'EPSO améliorera la qualité et la fiabilité du recrutement. Un des principes clés est le passage de l'évaluation fondée sur les connaissances à celle fondée sur les compétences.
La procédure ne se déroulera désormais plus qu'en deux étapes: une épreuve de présélection sur ordinateur dans les États membres de l'UE et une étape d'évaluation à Bruxelles. Le nouveau cycle se déroulera sur 5 à 9 mois, alors que, dans l'ancien système, le processus pouvait prendre jusqu'à deux ans.
1) La présélection comprendra toujours des épreuves d'évaluation des capacités cognitives et de jugement en situation, ainsi que des compétences professionnelles et linguistiques en fonction du profil recherché. L'épreuve portant sur la connaissance de l'UE interviendra non plus au cours de la première étape, mais au cours de la seconde, en même temps que les exercices liés au poste lors de l'évaluation.
2) La phase d'évaluation permettra de tester correctement et de manière fiable toutes les compétences clés, en mettant l'accent sur les capacités liées au poste plutôt que sur les connaissances factuelles. Elle se déroulera dans la deuxième langue du candidat (anglais, français ou allemand), sauf pour les profils qui requièrent des compétences linguistiques particulières. Cette procédure remplacera la longue procédure des épreuves écrite et orale en deux étapes. En plus des compétences et connaissances professionnelles spécifiques, un certain nombre de compétences fondamentales seront évaluées, parmi lesquelles l'analyse et la résolution de problèmes, la communication, l'obtention de résultats, l'apprentissage et le développement, la hiérarchisation des priorités et l'organisation, la persévérance et le travail d'équipe.
Les jurys seront professionnalisés grâce au détachement des membres du jury auprès de l'EPSO. Les lauréats recevront un « passeport de compétences » établissant leurs performances au centre d'évaluation; ce passeport sera transmis aux institutions afin de contribuer au processus de recrutement.
Promouvoir la diversité. L'EPSO met en œuvre une série de mesures destinées à promouvoir la diversité parmi les membres de son personnel et à améliorer l'image des institutions de l'UE en tant qu'employeur. Il s'agit notamment de garantir la neutralité des épreuves eu égard au genre, d'améliorer les services offerts aux candidats ayant des besoins particuliers, ainsi que de gérer de manière plus proactive les listes de réserve.
Cette nouvelle procédure « permettra aux institutions de l'UE de disposer des personnes adéquates au moment opportun et ce, dans le respect du principe de compétition loyale et ouverte », a déclaré Maroš Šefèoviè, vice-président de la Commission chargé des relations interinstitutionnelles et de l'administration.
David Bearfield, le directeur d'EPSO, a rappelé que des défis devront être relevés puisque nous allons assister à un renouvellement important: un tiers du personnel de la Commission va partir (à la retraite) dans les dix ans, et ce chiffre atteint 50% au Parlement européen. Il a précisé que le concours lancé en mars permettra de recruter des administrateurs (AD5) dans les cinq domaines suivants: administration publique européenne, droit, économie, audit et technologie de l'information et de la communication. La Commission espère obtenir 330 lauréats.
En répondant à des questions de la presse, le commissaire Šefèoviè a souligné que les changements les plus importants concernent la liste de réserve (ceux sur la liste seront convoqués pour un entretien, de manière à identifier les meilleurs candidats) et la volonté de réduite l'âge moyen des personnes recrutées (aujourd'hui 32 ans). Les étudiants en dernière année universitaire pourront désormais s'inscrire aux concours.
S'agissant des contingents indicatifs alloués aux nouveaux pays de l'UE (dispositions transitoires) en matière de recrutement, « les contingents pour les postes AD et AST ont déjà été remplis », a expliqué M. Šefèoviè. Reste maintenant à tenir « notre promesse » s'agissant des postes de haut niveau (directeur général, directeur général adjoint, chef d'unité) à réserver aux ressortissants des nouveaux pays de l'UE. L'équilibre géographique est à améliorer au niveau du « top management », a concédé à ce titre le commissaire. (L.C.)