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Bulletin Quotidien Europe N° 10071
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/algÉrie

Dialogue renoué avec Alger, selon la Commission européenne

Bruxelles, 04/02/2010 (Agence Europe) - L'Algérie et la Commission européenne ont « clôturé le 3 février leurs consultations » qui leur ont permis d'évaluer conjointement l'application de l'accord d'association mise en question par le gouvernement de ce pays et surtout par le monde économique algérien qui n'en perçoit que l'impact, jugé négatif, sur son commerce et les flux d'investissements.

« L'accord d'association ne semble profiter en fin de compte qu'à la partie de la rive nord de la Méditerranée, d'où le souhait exprimé par l'Algérie pour une renégociation dudit accord. À savoir que cette révision est soutenue par le patronat algérien », écrit le quotidien Le Jour d'Algérie, résumant la tonalité générale de la presse locale.

La Commission souligne, pour sa part, « la nécessité de préserver les intérêts de chaque partenaire dans le respect des obligations juridiques découlant de l'accord ». L'affaire remonte à fin 2008. Catherine Ashton, alors commissaire européenne au Commerce extérieur, avait adressé, le 12 juin 2009 à Alger, une lettre pour demander l'annulation de l'obligation faite, rétroactivement, à une société d'importation étrangère de céder 30% de ses parts à une partie algérienne. Pour l'UE, de telles mesures constituent une restriction au commerce et à l'investissement, en contradiction flagrante avec les dispositions et l'esprit de l'accord d'association.

Si l'on en croit le communiqué européen, la tension perceptible au cours des derniers mois se serait quelque peu atténuée. Il faudra sans doute attendre de connaître la réaction algérienne pour être sûr qu'un changement de ton est acquis. Quoi qu'il en soit, selon la Commission, « la partie algérienne a fourni des clarifications au sujet du contexte et des objectifs des mesures en matière d'investissements et de commerce introduites par la Loi des finances complémentaire », indique le communiqué sans plus de détails. La Commission y indique que les discussions avec les Algériens « ont porté notamment sur le commerce, l'adhésion à l'OMC, la coopération en matière d'énergie, les investissements, l'agriculture et la pêche ».

Sur le plan commercial, « les consultations ont fait apparaître les préoccupations algériennes au sujet de la balance commerciale, l'état de la négociation pour l'adhésion à l'OMC et l'impact de la mise en œuvre de l'Accord d'association », ajoute le texte diffusé à Alger. Il indique cependant, à rebours des affirmations algériennes, « la tendance positive des investissements directs étrangers de l'UE en Algérie, ainsi que l'absence d'impact négatif de la mise en œuvre de l'Accord en termes d'échanges ». La délégation européenne, conduite par Tomás Dupla del Moral, directeur chargé de la Méditerranée à la Commission européenne, a réaffirmé que sa mission est « d'insuffler une nouvelle dynamique à la mise en œuvre de l'Accord d'association et de discuter d'une manière approfondie les dossiers en cours ». Il est écrit, par ailleurs, que « la discussion a confirmé l'intérêt à renforcer et intensifier le dialogue sur les questions énergétiques, à la fois au niveau politique et technique. En particulier, les sujets de l'accès algérien au marché européen, de l'utilisation des énergies renouvelables et des négociations dans le cadre de l'OMC ». De même, il a été question des « prochaines étapes de la coopération en matière agricole en vue de l'échéance prévue pour le début des négociations en matière de libéralisation du commerce des produits agricoles, agricoles transformés et de la pêche. Dans ce contexte, l'importance de la compétitivité et de la conformité des entreprises aux normes techniques et sanitaires a été mise en exergue », souligne la Commission qui espère que des « avancées concrètes » sur tous les sujets évoqués pourront être réalisées en vue de la prochaine réunion du Conseil d'association Algérie-UE, en juin prochain.

La presse locale rappelle que le différend demeure sur l'énergie. « L'UE veut toujours faire signer à l'Algérie un accord stratégique (memorandum of understanding), évoqué lors de la dernière visite de Bouteflika en Espagne. Présidente actuelle de l'UE, l'Espagne tente de dégeler la situation à cet effet ». Alger paraît faiblir dans son intérêt pour cet accord. Pour les médias algériens, se faisant l'écho de commentaires de responsables du pays et de diplomates européens, un autre « dossier lourd » reste à régler, celui de « la réadmission » des migrants clandestins transitant par le territoire algérien. «L'Algérie refusera toujours de signer un accord de réadmission avant que l'UE n'ait réglé la question de la libre circulation des personnes », selon la presse se référant à ses sources dans les « milieux concernés ». (F.B.)

 

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