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Bulletin Quotidien Europe N° 10071
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Éducation

L'Europe doit entreprendre une action immédiate pour combler ses déficits en matière de compétences

Bruxelles, 04/02/2010 (Agence Europe) - Malgré les progrès accomplis ces dernières années, près d'un tiers des Européens en âge de travailler n'ont pas les compétences suffisantes pour répondre à la demande du marché du travail. L'urgence du problème est encore accentuée par la hausse du chômage et les problèmes démographiques. C'est pourquoi l'Europe doit entreprendre une action immédiate pour combler ses déficits de compétences et offrir à ses citoyens de meilleures chances de réussite sur le marché du travail de demain. Tel est le constat d'un rapport d'experts indépendants présenté jeudi 4 février par la Commission européenne à l'occasion d'une conférence de haut niveau qui s'est tenue à Bruxelles, et à laquelle ont participé des fonctionnaires de la Commission européenne, des députés du Parlement européen, ainsi que de nombreux experts. « Renforcer les compétences de tous nous aidera, à court terme, à sortir de la crise ; et dans l'avenir, cela nous permettra de préparer la voie vers une prospérité économique durable », a indiqué le commissaire chargé de l'Emploi, Vladimir Spidla. « Nous devons faire tomber les barrières entre le monde de l'éducation et de la formation et le monde professionnel, de sorte que chacun ait la possibilité, tout au long de sa vie, de disposer de compétences adaptées aux besoins changeants du marché du travail », a commenté, à son tour, le commissaire à l'Éducation, à la Formation, à la Culture et à la Jeunesse, Maroš Šefèoviè.

Intitulé « Des compétences nouvelles pour des emplois nouveaux: agir immédiatement », le rapport dresse les constats suivants: 1) un tiers des Européens en âge de travailler ne possède aucune ou quasiment aucune qualification formelle, ce qui réduit de 40% leurs chances de trouver un emploi par rapport aux personnes ayant un niveau moyen de qualification ; 2) dans l'Union européenne, le taux d'emploi est de 84% pour les personnes hautement qualifiées, de 70% pour les personnes ayant un niveau moyen de qualification, et de seulement 49% pour les personnes faiblement qualifiées ; 3) les personnes faiblement qualifiées sont aussi beaucoup moins susceptibles de développer leurs compétences ou de prendre part à l'éducation et à la formation tout au long de la vie ; 4) les entreprises formant leur personnel courent 2,5 fois moins de risques de faire faillite que celles qui ne le font pas ; 5) les systèmes d'éducation qui permettent à tous d'acquérir des compétences adéquates renferment un potentiel de croissance du PIB de l'ordre de 10% à long terme.

Afin de redresser la situation, le rapport formule plusieurs recommandations en vue de combler le déficit de compétences. Les quatre grands axes d'action qu'il suggère sont les suivants: 1) mieux inciter les employeurs et les citoyens à relever les niveaux de compétences. L'investissement dans les compétences doit en outre être conséquent et réfléchi, pas seulement financier ; 2) ouvrir les secteurs de l'enseignement et de la formation en améliorant la capacité des établissements d'innover et de répondre aux besoins tant des apprenants que des employeurs, et en mettant au point des qualifications utiles portant sur les acquis concrets de l'apprentissage ; 3) proposer un meilleur éventail de compétences mieux adapté aux besoins du marché du travail ; 4) mieux anticiper les besoins futurs en matière de compétences.

Ces quatre grands axes d'action sont interconnectés et doivent tous être abordés simultanément, soulignent les auteurs du rapport. De plus, la responsabilité n'incombe pas à une partie en particulier: toutes les parties prenantes doivent se concerter et participer ensemble à la stratégie. Le problème est urgent et doit être pris à bras le corps: près d'un tiers des citoyens âgés de 25 à 64 ans n'ont aucune qualification formelle ou sont faiblement qualifiés et seulement un quart sont hautement qualifiés. Par ailleurs, ceux qui sont qualifiés n'ont pas toujours les compétences adaptées aux besoins des employeurs, ce qui fait apparaître ainsi des inadéquations sur le marché du travail, expliquent les experts.

Selon les dernières projections du Cedefop, le Centre européen de développement de la formation professionnelle, quelque 80 millions d'emplois devraient devenir disponibles dans les dix années à venir, dont 7 millions seront de nouveaux emplois. Mais la plupart s'adresseront à une main-d'œuvre moyennement qualifiée. Si les citoyens hautement qualifiés ont toutes leurs chances de décrocher ces emplois, le marché du travail aura toujours besoin de citoyens moyennement qualifiés, et surtout de travailleurs ayant acquis une expérience grâce à la formation professionnelle, souligne le Cedefop, qui conclut: « L'Europe doit s'assurer que les gens ont acquis les compétences adéquates, que les entreprises utilisent au maximum les compétences de leurs employés, et que les employés sont encouragés à poursuivre leur apprentissage tout au long de leur vie professionnelle ».

Le rapport est l'une des principales réalisations de l'initiative de la Commission « Des compétences nouvelles pour des emplois nouveaux », lancée en décembre 2008 afin de jeter des ponts plus solides entre le monde de l'éducation et le monde professionnel. Au printemps 2009, la Commission avait nommé un groupe d'experts issus de toute l'Union européenne, afin qu'ils formulent un avis indépendant sur l'avenir de l'initiative, dans le contexte de la future stratégie de réforme économique de l'UE « EUROPE 2020 ». Ce rapport reprend les conclusions de leurs travaux. (I.L.)

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