Bruxelles, 02/02/2010 (Agence Europe) - Faisant le point devant la presse, mardi 2 février, le commandant de l'opération EU NAVFOR Atalanta (opération maritime de l'UE au large des côtes somaliennes), le contre-amiral Peter Hudson, a affirmé que l'opération n'était « qu'une partie d'une approche plus large ». Au cours d'une conférence conjointe réunissant des représentants de la Commission européenne et de nouvelle direction de gestion de crise et de planification, le contre-amiral Hudson a estimé qu'il « est impossible de combattre la piraterie » et que l'objectif de la mission serait désormais de « minimaliser le risque des attaques » contre les bateaux marchands naviguant dans l'Océan Indien et le Bassin de la Somalie.
Bien qu'en termes généraux leur nombre en 2009 se soit accru par rapport à l'année précédente, le contre-amiral a indiqué qu'aucun des navires du Programme alimentaire mondial (PAM) ni de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) escortés par les forces de l'UE n'a été piraté ni attaqué depuis le déploiement de la mission. Au cours de cette année, les discussions vont se poursuivre sur une éventuelle deuxième extension du mandat de la mission, qui arrive à terme le 12 décembre. La mission travaillera davantage sur le renforcement de la coordination, entre autres avec l'OTAN et la Chine et sur le renforcement du renseignement nécessaire pour compenser les moyens limités de l'opération (sept navires en moyenne et trois avions de patrouille). Comme auparavant, la protection du PAM et le soutien à l'AMISOM seront prioritaires.
Par ailleurs si, d'ici vendredi, aucun État membre ne s'y oppose, la voie sera ouverte pour lancer une nouvelle opération militaire de formation de forces de sécurité somaliennes (EUROPE n° 10063). L'objectif étant « de faire en sorte que le gouvernement de transition somalien ait des troupes pour contrôler les territoires au-delà de Mogadiscio », a dit à la presse Didier Lenoir (gestion de crise et Planification) en insistant sur la volonté de l'UE de « travailler avec les acteurs » déjà sur place et dans le cadre d'une « approche globale ». Dotée d'un budget d'environ 5 millions d'euros et commandée par le colonel espagnol Elul, la mission permettrait d'assurer une formation spécifique aux 2000 futurs militaires somaliens. Les États membres financeront dans le cadre du même budget l'aménagement du site d'entraînement situé à Bianga. Le transfert des salaires devrait en effet être assuré via PriceWaterHouseCoopers. Quant au suivi des troupes formées, il sera assuré par l'Union africaine (AMISOM). Quant à la Commission, elle devrait prendre l'avantage de la révision du 10ème Fonds européen de développement pour mieux prendre en compte les besoins courants ainsi que chercher à impliquer davantage la population somalienne (notamment la diaspora) et la société civile. (A.By.)