Bruxelles, 01/02/2010 (Agence Europe) - S'exprimant jeudi 28 janvier devant la commission des transports du Parlement européen, Patrick Ky, le directeur exécutif de l'entreprise conjointe SESAR, créée pour développer la technologie de modernisation de la gestion du trafic aérien en Europe, a insisté sur la nécessité du financement du programme au-delà de l'année 2013. « Le moment est critique pour SESAR » car « toutes les décisions clefs sur son avenir devront être prises au cours de votre mandat », a-t-il déclaré aux membres de la commission, avant de conclure en lançant un appel à la réflexion sur le financement et la gouvernance du programme dans sa phase de mise en œuvre qui devrait débuter à partir de cette date. « Nous pouvons développer les meilleurs produits dans le monde, mais si nous ne pouvons pas assurer leur mise en œuvre, la bataille est perdue et le retour sur investissement est proche de zéro », a-t-il constaté, faisant aussi valoir que des programmes similaires sont déjà développés par les États-Unis (NEXTGEN), la Chine, l'Inde et le Japon.
Environ 30 milliards d'euros sont nécessaires pour mettre en œuvre les solutions développées actuellement dans le cadre de SESAR. Le programme est maintenant financé à parts égales par l'UE, Eurocontrol et l'industrie aéronautique (chacun contribuant à hauteur de 700 millions d'euros pour les projets de recherche et de développement). La Commission européenne devrait présenter, avant la fin de l'année, des propositions concernant la gouvernance et le financement de la phase de déploiement. Les scénarios étudiés aujourd'hui prévoient que, de ces 30 milliards, un tiers environ pourrait être couvert par les fonds communautaires, pour mettre en place notamment les mécanismes d'incitation à l'investissement nécessaires pour rééquiper les avions et les aéroports en nouvelles technologies. Les aides publiques pourraient être destinées aux plus petits aéroports ou à l'aviation générale ou d'affaires. Le reste pourrait être couvert, entre autres, par l'industrie et notamment par les compagnies aériennes qui seraient les principales bénéficiaires du renforcement de la capacité de gestion du trafic aérien. Une idée par ailleurs conforme au principe « utilisateur- payeur » courant dans l'aviation.
Selon M. Ky, les résultats atteints jusqu'ici dans le cadre du programme ont été « très encourageants » et l'entreprise développe actuellement plus de 300 projets dans 16 domaines différents avec pour objectifs de renforcer la sécurité de l'aviation tout en prenant en compte l'accroissement prévu du trafic aérien, de permettre une réduction de l'empreinte écologique de 10% par vol et de réduire de 50% le coût de la gestion du trafic aérien. (A.By.)