Bruxelles, 01/02/2010 (Agence Europe) - Le président américain Barack Obama aurait décidé de ne pas se rendre à Madrid le 23 mai pour le sommet UE/États-Unis en raison d'un agenda politique intérieur trop chargé, affirme le Wall Street Journal du 1er février. Après six déplacements en Europe en 2009 (jamais un président américain n'a autant visité l'Europe au cours de sa première année de mandat), M. Obama voudrait sérieusement revoir à la baisse ses plans de voyage pour cette année. Le journal américain cite des sources proches du président qui soulignent que M. Obama n'avait jamais officiellement confirmé sa participation au sommet avec les Européens. L'absence du président américain remettrait évidemment en cause la tenue même du sommet. Contactée lundi par nos soins, la Maison Blanche n'était pas encore en mesure de commenter l'information. La mission américaine à Bruxelles disait lundi ne pas être au courant des détails de l'agenda du président.
Du côté européen, on s'efforce de dédramatiser la situation. « Le sommet UE/États-Unis reste sur notre planning et nous continuons les préparatifs. Nous n'avons rien entendu qui pourrait indiquer que le sommet ne soit plus inscrit dans le calendrier des Américains », explique une source de la Présidence espagnole de l'UE. Présidence de transition, l'Espagne joue un rôle particulier dans l'organisation des sommets internationaux des Vingt-sept au premier semestre 2010. Depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, c'est le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui préside tous les sommets, y compris ceux avec les pays tiers. Le nouveau traité stipule aussi que tous les sommets, aussi ceux avec les pays tiers, ont lieu à Bruxelles. Or, compte tenu de l'important travail de préparation déjà effectué par l'Espagne au cours de l'année écoulée, M. Van Rompuy et le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ont convenu en décembre qu'à titre exceptionnel, l'Espagne pourra accueillir sur ses terres certains sommets: avec les États-Unis, les pays d'Amérique Latine, les pays de l'Union pour la Méditerranée, le Maroc et le Mexique. Conformément au traité, toutes ces réunions seront cependant présidées par M. Van Rompuy tout en permettant à M. Zapatero de jouer un « rôle particulier en tant qu'hôte ». Le Wall Street Journal cite des sources de la Maison Blanche qui critiquent l'incertitude qui existerait à propos du lieu du sommet (Bruxelles ou Madrid). Cette « confusion » expliquerait, en partie, pourquoi M. Obama n'a pas confirmé sa participation. Des sources européennes nient qu'il y ait un désaccord entre MM. Van Rompuy et Zapatero. « Les deux travaillent en parfaite harmonie » et respectent l'accord de coopération qu'ils ont conclu en décembre, selon notre source. (H.B.)