Bruxelles, 01/02/2010 (Agence Europe) - Réunis en marge du Forum économique mondial à Davos (Suisse), afin de préparer une éventuelle réunion ministérielle de bilan fin mars à Genève dans la perspective de la conclusion du round en 2010, les ministres du Commerce de 17 pays membres de l'OMC, dont ceux de l'Afrique du Sud, de l'Australie, du Brésil, de l'Inde, du Japon et de l'UE, représentée par la commissaire Benita Ferrero-Waldner, ont réaffirmé, samedi 30 janvier, leur engagement à lutter contre le protectionnisme et à conclure les pourparlers lancés en 2001. Et ce en dépit de l'impasse dans laquelle sont plongées, depuis juillet 2008, les négociations multilatérales à l'OMC, dont le Brésil a toutefois proposé samedi de sortir par la tenue d'un sommet mondial. Le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, a en effet mis cette option sur la table, a confirmé à la presse le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy. « Personne n'a dit non, mais nous avons tous dit que si cela devait se faire, ce qui reste à régler, à savoir une liste de douze à treize questions passablement techniques, devrait être simplifié », a-t-il ajouté. La présidente suisse Doris Leuthard, qui présidait la rencontre, a pour sa part estimé que les questions pendantes devaient être ramenées « à cinq ou six points » avant que les dirigeants des pays clés ne soient appelés à s'engager dans une négociation finale.
S'ils n'ont pas rejeté la proposition de leur collègue brésilien, les ministres présents à Davos n'ont toutefois pas caché leur pessimisme sur la possibilité de conclure le round en 2010, comme s'y sont engagés l'an dernier les principales puissances économiques mondiales lors des forums du G20 et du « G 8 + 5 » (G8 plus grandes nations émergentes). Le réel engagement des États-Unis, dont le représentant au Commerce, Ron Kirk, n'a pas fait le voyage en Suisse, mais aussi de la Chine, qui a seulement dépêché son vice-ministre du Commerce, a de nouveau été mis en doute. « Nous voulons voir le round se conclure aussi vite que possible, mais pour cela il faut que tout le monde soit là », a fait remarquer Mme Ferrero-Waldner, à laquelle devrait bientôt succéder le Belge Karel De Gucht. « Nous ne pouvons pas attendre davantage de cette réunion parce que, bien sûr, un de nos principaux partenaires n'est pas représenté au niveau ministériel. Nous sommes arrivés à un point où la seule question est celle de la volonté politique », a insisté, pour sa part, M. Amorim. « Toutes les indications montrent qu'il s'agit d'une question (le round de Doha, NDLR) très controversée au Congrès, et je ne pense pas qu'ils (les Américains, NDLR) aient encore défini une approche durable », a estimé, quant à lui, le ministre sud-africain Rob Davies. Empêtrée dans la réforme du secteur de la santé aux États-Unis, et occupée par la sortie de la crise financière interne, l'administration américaine doit aussi jongler avec le renouvellement partiel du Congrès américain cette année. Un obstacle politique de taille pour conclure le round en 2010, tout autant que devrait l'être l'élection présidentielle au Brésil. (E.H.)