La Chine en passe de devenir la première économie mondiale devant les États-Unis en 2030. - Le produit intérieur brut (PIB) cumulé des sept principaux pays émergents de la planète (« E7 », à savoir Chine, Russie, Inde, Mexique, Indonésie, Turquie et Brésil) dépassera celui du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada) en 2020, aidé par la Chine qui deviendra la première économie mondiale devant les Etats-Unis, prédit le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers dans une nouvelle étude. Du coup, le poids de l'E7 au sein de l'économie mondiale devrait dépasser également en 2020 celui du G7. Si, en 2000, le PIB cumulé du G7 était le double de celui de l'E7, la décennie écoulée a été marquée par un rattrapage des pays émergents par rapport aux pays développés, qui s'est accéléré avec la crise financière. L'écart entre le G7 et l'E7 devrait se réduire à 35% cette année puis disparaître totalement à la fin de la décennie suivante, selon les calculs du cabinet, qui se fondent sur le PNB pondéré par la PPA (parité de pouvoir d'achat). La tendance devrait se poursuivre la décennie suivante, ce qui fait qu'en 2030, le classement des dix plus grandes économies mondiales sera occupé, dans l'ordre, par: 1) la Chine ; 2) les États-Unis ; 3) l'Inde ; 4) le Japon ; 5) le Brésil ; 6) la Russie ; 7) l'Allemagne ; 8) le Mexique ; 9) la France ; 10) le Royaume-Uni. Avec une croissance de 10%, l'Inde ravit au Japon sa deuxième place. Selon les statistiques dévoilées par le gouvernement chinois, la Chine a généré une croissance de 10,7% au quatrième trimestre 2009, bien supérieure aux 6,1% mesurés sur les trois premiers mois de l'année, alors que les pays développés occidentaux n'enregistraient que de faibles signes de reprise à la fin de l'année. Sur l'ensemble de 2009, la croissance a atteint 8,7% et permis au pays de totaliser un PIB de 33 535 milliards de yuans (environ 4 911 milliards de dollars), ce qui le place désormais très près de la performance du Japon, actuelle deuxième puissance économique mondiale. Par rapport à l'Union européenne, le PIB de la Chine devrait dépasser celui de la zone euro en 2030, selon le prix Nobel d'économie Robert Mundell. Cette résistance spectaculaire à la crise est due à un plan de relance particulièrement ambitieux de 4 000 milliards de yuans, couplé à une aide des banques d'État qui se sont montrées généreuses en crédit avec 9 600 milliards de yuans prêtés sur l'ensemble de l'année, soit deux fois plus qu'en 2008. Dans un autre rapport de PricewaterhouseCoopers sur les fusions et acquisitions en Chine, le cabinet de conseil chiffre les investissements chinois à l'étranger, hors secteur financier, à 43,3 milliards de dollars l'an dernier, ce qui est un nouveau record avec une progression de 6,5% en glissement annuel. Plus de 40% de ces investissements ont pris la forme de fusions et acquisitions, soit 17,5 milliards de dollars selon le ministère. Selon les experts, la hausse de ces fusions et acquisitions à l'étranger ne peut que se renforcer. Ils s'attendent en effet à une croissance de 40% en 2010 des flots sortants, à mesure que les acheteurs chinois gagnent en confiance. Déjà en 2009, les entreprises chinoises avaient profité de la baisse des prix des actifs et de la bonne santé de l'économie nationale qui, même au plus fort de son ralentissement, au premier trimestre, croissait encore de 6,1% sur un an. Par contraste, les sociétés du monde entier réduisaient leurs achats à l'international du fait de la crise. Selon le cabinet Dealogic, le volume des acquisitions dans le monde a été au plus bas depuis 2004 l'an dernier, chutant de 24% en glissement annuel à quelque 2400 milliards de dollars, tous secteurs confondus. Ce sont les domaines de la technologie avancée, de la distribution, des matières premières et de l'énergie qui ont reçu les faveurs des entreprises chinoises, les plus grandes opérations ayant été réalisées dans les ressources naturelles avec l'Australie en ligne de mire. Au niveau des exportations, celles-ci sont reparties à la hausse en décembre 2009, augmentant de 17,7%, en glissement annuel. Sur l'ensemble de l'année, le pays a engrangé un excédent commercial de 195 milliards de dollars. De même, les investissements directs étrangers en Chine ont bondi au mois de décembre, de 103% sur un an. Ils étaient repartis à la hausse en août après dix mois de déclin. Sur l'année, ils se sont élevés à 90,03 milliards de dollars (-2,6%). (I.L.)