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Bulletin Quotidien Europe N° 10028
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil Éducation

Consensus sur la nécessité d'adapter les systèmes d'enseignement à la hausse de l'immigration - La qualité de la formation des enseignants doit être améliorée

Bruxelles, 26/11/2009 (Agence Europe) - À l'issue de la session matinale du « Conseil Éducation » du jeudi 26 novembre, les ministres européens ont adopté des conclusions sur le perfectionnement professionnel des enseignants et des chefs d'établissement, et sur l'éducation des enfants issus de l'immigration, ainsi que des messages clés destinés à alimenter la discussion sur la stratégie de Lisbonne post 2010 au Conseil de décembre (voir autre nouvelle). Le commissaire responsable de l'éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse, Maroš Šefèoviè, a exhorté les États membres à « ne pas procéder à des coupes budgétaires dans le secteur de l'éducation », en ces temps de crise économique, car ce serait hypothéquer les chances de réussite pour l'avenir, a-t-il souligné. « La qualité de l'enseignement est la pièce maîtresse d'un bon système d'éducation, mais il appartient aux États membres de prendre les décisions nécessaires », a ajouté le ministre suédois de l'Éducation, Jan Björklund, en ajoutant que si les résultats tardaient à venir, il fallait quand même agir dès à présent.

« Il faut que nous coopérions pour améliorer la qualité de formation des enseignants (…) On peut beaucoup apprendre les uns des autres », a déclaré M. Björklund à propos du premier point à l'ordre du jour. Se félicitant de voir la majorité des suggestions émises par la Commission européenne agréées par les États membres, à la suite du débat ouvert en 2007 sur le rôle des écoles au XXIème siècle, le Commissaire Šefèoviè a remarqué: « Il faut investir dans la formation des jeunes professeurs pour rajeunir le profil des enseignants ». Rarement abordé jusqu'ici, le rôle des directeurs d'école a été mis davantage en évidence par la Présidence suédoise, « car la formation des enseignants dépend d'eux », a spécifié M. Björklund. « On doit libérer les directeurs des lourdeurs administratives » afin qu'ils puissent consacrer davantage de temps au corps enseignant, a ajouté le commissaire européen. Dans les conclusions adoptées sur la formation des enseignants et les directeurs d'école, le Conseil souligne la nécessité d'accompagner les jeunes enseignants dans leur entrée en fonction mais aussi de continuer à apporter un soutien aux enseignants en place en leur offrant une formation adéquate tout au long de leur carrière, qui leur permette de s'adapter aux nouvelles réalités économiques, sociales et migratoires. Les États membres doivent prendre davantage de mesures pour que la profession puisse attirer davantage de candidats, réellement motivés, dans un contexte où la profession a perdu de son attrait. La mobilité est également un facteur essentiel de la formation continue des professeurs. Pour ce faire, il faut former davantage les enseignants à cette réalité en leur donnant une formation adéquate et en leur permettant de participer à des programmes d'échanges. Le rôle des directeurs d'établissements dans ce contexte est évident et il convient de leur faciliter la tâche en les allégeant des tâches administratives superflues afin de leur permettre d'accompagner leurs enseignants, souligne encore le Conseil.

Les ministres ont également adopté des conclusions à propos de l'éducation des enfants issus de l'immigration. Un sujet d'actualité mis à l'ordre du jour par la Présidence suédoise étant donné l'augmentation des mouvements migratoires dans l'Union européenne ces dernières années. Il est important d'intégrer le plus vite possible ces enfants dans le système scolaire, sans ségrégation avec les enfants autochtones (pas d'écoles ghettos), et sans leur appliquer un programme distinct des programmes nationaux, soulignent ces conclusions. Bien sûr, un accompagnement spécifique est souhaitable pour permettre à ces enfants de suivre le mieux possible les cours dans la langue du pays d'accueil, tout en leur permettant de s'épanouir dans leur propre langue et leur propre culture via un programme d'accompagnement, afin de respecter leur identité et de garantir leur intégration. La maîtrise de la langue officielle du pays d'accueil est une condition sine qua non de la réussite scolaire et est essentielle à l'intégration tant sociale que professionnelle, souligne le Conseil. La coopération des parents dans ce processus est indispensable et les établissements scolaires doivent approfondir le dialogue avec les familles afin que les enfants trouvent dans leur foyer l'appui nécessaire à leur épanouissement. Les enseignants doivent être formés à cette nouvelle réalité scolaire afin de disposer des instruments nécessaires pour faire face aux difficultés qui peuvent se poser dans le processus d'intégration de ces enfants. Des moyens supplémentaires devront, par conséquent, être octroyés aux écoles situées dans les zones les plus peuplées par les familles immigrées et un enseignement plus personnalisé devra être envisagé dans ces quartiers. Telle est l'approche recommandée par l'ensemble des États membres, à l'issue des débats. « L'éducation est très importante pour faire en sorte que les enfants issus de l'immigration deviennent des citoyens bien intégrés dans une société jeune, inclusive, et qui respecte la diversité (…) C'est un grand défi pour l'avenir », a commenté Jan Björklund, heureux du consensus trouvé avec ses partenaires dans un contexte politique particulièrement sensible sur les questions de l'immigration, où les opinions des États membres divergent, a-t-il souligné. Il existe toujours un fossé persistant entre les acquis des enfants issus de l'immigration et ceux des enfants autochtones, a ajouté le Commissaire Šefèoviè. « Nous devons nous adapter en mettant en place les politiques nécessaires », a-t-il déclaré. (I.L.)

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