Bruxelles, 11/11/2009 (Agence Europe) - Dans un entretien accordé au quotidien italien Il Sole 24 Ore du 10 novembre, Pascal Lamy appelle à des « progrès plus rapides » des négociations de Doha, en particulier venant des États-Unis, en vue de conclure le round en 2010.
« Le sommet du G20 de Pittsburgh a donné un nouvel élan, ça mijote mais je ne sais pas si cela sera prêt pour être mis sur la table d'ici fin 2010 (…). Nous voudrions des progrès plus rapides mais nous savons que dans les négociations internationales, le temps ne s'adapte pas toujours à la nécessité », souligne le directeur général de l'OMC. Les économies développées et émergentes se sont engagées au sommet du G8 de L'Aquila en juillet, puis lors d'une réunion des ministres du Commerce à New Delhi en septembre, à conclure le round de Doha d'ici fin 2010. Mais, en dépit des progrès réalisés à la ministérielle OMC de juillet 2008 dans les deux principaux volets de la négociation que sont l'agriculture et les produits manufacturés (NAMA), les négociations lancées en 2001 se heurtent encore à deux importants écueils, le mécanisme de sauvegarde spéciale pour l'agriculture des pays en développement, qui oppose les États-Unis à l'Inde, et les accords sectoriels pour les produits industriels, qui opposent les puissances industrialisées, l'UE et les États-Unis en tête, aux grandes économies émergentes, emmenées par le Brésil, la Chine et l'Inde. Pour faire avancer les pourparlers, M. Lamy exhorte en particulier les États-Unis à dépasser leur calendrier politique interne. « En 2008, les États-Unis ont été lents pour arriver à une position de négociation clairement articulée. On disait que la dernière année d'une administration n'est pas propice, et qu'il faut du temps pour qu'une nouvelle administration se mette en mouvement la première année. Le problème est qu'en 2010, il y aura les élections de mi-mandat (pour élire une partie du Congrès américain, NDLR). En somme, le commerce mondial, qui a évité jusqu'à présent la vague protectionniste qui pouvait venir avec le cycle économique, ne réussit pas à se soustraire au cycle politique américain », déplore-t-il. (E.H.)