Bruxelles, 11/11/2009 (Agence Europe) - Trois Européens sur dix participent à une forme ou une autre d'activité volontaire et huit sur dix considèrent qu'aider les autres occupe une part importante dans leur vie. Reconnaissant le bénévolat - et non le volontariat comme traduit erronément de l'anglais « volunteering », a fait remarquer Catherine Soullie (PPE, française), le volontariat étant un travail rétribué à la différence du bénévolat qui ne l'est pas - comme essentiel dans la vie en société et dans la solidarité envers autrui, la Commission européenne a proposé officiellement que 2011 soit l'« Année européenne du volontariat/bénévolat » (EUROPE n° 9913). Une proposition qui doit encore recevoir l'aval officiel du Conseil des ministres et du Parlement européen mais qui ne devrait rencontrer aucun obstacle. Afin de cerner les problèmes majeurs que rencontrent les organisations de bénévolat en Europe et de définir les actions que l'Union européenne pourrait prendre afin de leur faciliter la tâche, la commission « éducation et culture » du Parlement a organisé, mardi, une audition publique réunissant de nombreux participants. Le député Marco Scurria (PPE, italien) est chargé de préparer un rapport sur le thème du bénévolat en vue de l'Année européenne du bénévolat.
Le travail bénévole est sous-estimé en Europe, à la différence des États-Unis où il est davantage reconnu, a souligné la présidente de la commission parlementaire Doris Pack (PPE, allemande). Il faut un travail de sensibilisation autour des activités bénévoles, leur accorder plus de transparence et prendre des décisions au niveau de l'Europe pour aider les organisations de bénévoles. Aujourd'hui, trop d'associations sont exclues d'office des appels d'offres car ceux-ci ne sont pas formulés de manière adéquate, a commenté Mme Pack. « Fin 2011, il faut des résultats pour une plus-value et voir quelles actions méritent un soutien », a souligné la députée, à l'ouverture de l'audition publique. Plusieurs représentants d'organisations bénévoles étaient présents à l'audition. Parmi eux, Paolo Giuseppe Di Caro, directeur général de l'Agence nationale des jeunes en Italie. Il a plaidé pour une coordination des activités bénévoles au niveau des gouvernements, l'échange de bonnes pratiques et une diffusion plus large des informations. M. Di Caro a également souligné les difficultés de mobilité des bénévoles, le manque de soutien financier des activités de bénévolat et la non-reconnaissance de celles-ci comme acquis informel sur le marché du travail. Une base de données générale permettrait de faire connaître les expériences de bénévolat et donnerait des informations sur les associations existantes, le type de projet qu'elles défendent et leur localisation géographique, a indiqué M. Di Caro. S'adressant aux institutions européennes, il appelle à une action de longue durée et à un changement de stratégie pour aider « ceux qui consacrent une partie de leur vie » à aider les autres. Aujourd'hui, il n'existe pas de définition partagée du bénévolat au niveau de l'Union européenne - seule une mention dans le paragraphe consacré au sport dans le Traité de Lisbonne fait allusion aux activités de bénévolat - avec pour conséquence que certaines organisations ne sont pas reconnues comme bénévoles alors que leurs activités le sont manifestement, a embrayé Renzo Razzano, président du centre régional de soutien aux associations bénévoles SPES. Il a déploré l'absence d'un interlocuteur unique du côté des institutions européennes pour les activités de bénévolat, ce qui rend extrêmement difficile le dialogue, l'inexistence d'un plan de soutien avec un financement structuré des activités, auxquelles s'ajoutent des problèmes de sécurité et d'assurance pour les bénévoles dans l'exercice de leurs activités. Membre de l'Organisation mondiale du mouvement scout, Pieter Willems a donné une vue d'ensemble des problèmes en quatre points: 1) la reconnaissance. Les bénévoles prestent des heures gratuitement pour s'occuper des autres ; l'État doit reconnaître leur travail ; 2) le temps. La société est de plus en plus ambitieuse et matérialiste: il est de plus en plus difficile de motiver les gens à être bénévoles ; 3) la motivation. Les obligations administratives à remplir pour exercer des activités bénévoles découragent les plus motivés ; 4) l'aspect financier: les activités bénévoles demandent beaucoup de temps et n'obtiennent pas de subsides suffisants pour une planification à long terme, obligeant les organisations à travailler de projet en projet. Démarches pénibles pour le financement, lourdeurs bureaucratiques, manque de reconnaissance, le directeur du Centre européen de bénévolat, Markus Held, a abondé dans le même sens. « On peut en faire plus au niveau européen (…) et rendre visibles les compétences acquises par les bénévoles », a-t-il souligné, en recommandant la publication d'un Livre blanc à l'issue de l'Année européenne du volontariat/bénévolat. « Cent millions d'Européens sont engagés dans des activités de bénévolat. Il faut commémorer aussi les activités de ces citoyens », a-t-il conclu. En proposant 2011 comme année européenne du bénévolat, la Commission reconnaît son importance et est aujourd'hui dans la préparation active de cet événement, a souligné Pierre Mairesse, directeur à la DG Éducation et culture. Admettant que le bénévolat n'est pas reconnu dans toute sa complexité, il espère que les conclusions d'une étude paneuropéenne sur la situation dans les États membres permettront de mieux en cerner les contours. Cette année européenne doit permettre de clarifier les concepts et d'établir de meilleures normes, souhaite M. Mairesse. Les programmes actuels s'achèvent en 2013 et il faut réfléchir aujourd'hui à la nouvelle génération qui devraient accorder au bénévolat l'attention qu'il mérite, a-t-il encore souligné. (I.L.)