Bruxelles, 16/10/2009 (Agence Europe) - Le fait que cinq de ses pays membres (Espagne, Grèce, Chypre, Slovaquie, Roumanie) n'aient toujours pas reconnu l'indépendance du Kosovo ne doit pas empêcher l'UE d'intensifier ses relations avec cette ancienne province serbe qui a déclaré unilatéralement son indépendance en avril 2008 et à qui l'UE a déjà offert, à l'instar de tous les autres pays des Balkans occidentaux, une « perspective européenne » - y compris une future adhésion si tous les critères sont remplis.
C'est le message principal qui ressort de la communication spécifique sur « la concrétisation de la perspective européenne du Kosovo » que la Commission européenne a adoptée mercredi 14 octobre, avec les autres rapports de progrès de son « paquet élargissement » (EUROPE n° 9998). Nonobstant les divergences entre les Vingt-sept sur le statut juridique du Kosovo, l'UE dispose d'une série d'instruments qui peuvent être mobilisés pour promouvoir le développement politique et socio-économique du Kosovo, argue la Commission. Le pays, qui a atteint une « certaine stabilité politique » alors que la sécurité y reste très précaire, « ne doit pas être laissé à la traîne alors que la région des Balkans occidentaux progresse dans sa marche vers l'UE », insiste-t-elle. Sans préjudice du statut du Kosovo, la Commission propose donc que l'UE adopte un certain nombre de mesures pratiques pour assurer la poursuite des progrès qu'il a réalisés dans sa « marche vers l'Europe ». Mais, insiste la Commission, l'offre européenne de rapprochement et de soutien est conditionnelle ; elle ne sera mise en œuvre qu'au fur et à mesure que le Kosovo progressera dans ses réformes internes et dans la réalisation de son « programme européen », notamment les priorités et engagements définis dans le cadre du « processus de stabilisation et d'association » et du « Partenariat européen » adopté par l'UE en 2008.
Pourvu que le Kosovo soit prêt à faire sa part de travail, la Commission propose aux États membres les actions suivantes: - ouvrir un dialogue sur les visas dans la perspective d'une éventuelle libéralisation du régime de visas quand les réformes nécessaires auront été effectuées et les conditions remplies ; - étendre les mesures commerciales autonomes. Dès que le Kosovo aura rempli les exigences requises, la Commission proposera un mandat en vue de la négociation d'un accord commercial ; - faciliter la participation du Kosovo au cumul pan-euroméditerranéen de l'origine, une fois qu'un accord commercial aura été signé ; - intégrer progressivement le Kosovo au cadre de surveillance économique et budgétaire mis en place pour les Balkans occidentaux ; - étudier la possibilité de conclure avec le Kosovo un accord-cadre sur les principes généraux qui régiront sa participation aux programmes communautaires et, sur cette base, élaborer des directives de négociation ; - renforcer et approfondir la participation du Kosovo au processus de stabilisation et d'association en établissant, sur une base régulière, un « dialogue du processus de stabilisation et d'association » ; - activer progressivement le volet « coopération transfrontalière » de l'Instrument d'aide préadhésion (IAP) pour le Kosovo. La Commission est prête à apporter une aide financière et technique à toutes ces initiatives. Le texte intégral de la communication est disponible sur le site de la Commission: http: //ec.europa.eu/enlargement/pdf/key_documents/2009/kosovo_study_en.pdf. (H.B.)