Bruxelles, 09/03/2001 (Agence Europe) - Le ministre macédonien des Affaires étrangères, Sergjan Kerim, a obtenu de l'Union européenne le soutien politique qu'il souhaitait. Après sa rencontre, vendredi matin, avec le Comité de politique et de sécurité de l'UE (Cops), le ministre s'est félicité de la déclaration adoptée par la présidence suédoise de l'UE. Cette déclaration, a-t-il dit, apporte un "soutien clair aux actions entreprises par le gouvernement macédonien dans la situation difficile où des groupes d'extrémistes (…) essayent de prendre en otage les populations d'origine albanaise (ethnic albanians)". "Nous voulons séparer clairement les extrémistes et la grande majorité de la population albanaise de notre pays", a-t-il dit, en rappelant que le gouvernement macédonien, qui comprend le parti démocratique albanais, "agit d'une seule voix".
Dans la déclaration adoptée à la suite de cette rencontre, la présidence suédoise de l'UE a souligné que "l'Union européenne estime que la stabilité de l'Ancienne république yougoslave de Macédoine est d'une importance fondamentale pour l'avenir de toute la région, et répète sa sévère condamnation des récentes attaques par des extrémistes albanais dans cette zone, qui mettent en danger la stabilité et la sécurité de toute la région. Le Comité Politique et de sécurité (Cops) de l'UE (…) soutient la politique du gouvernement consistant à maintenir un niveau approprié de retenue, en préservant la stabilité du pays et en assurant et soutenant l'harmonie et la coopération entre groupes ethniques. Dans ce contexte, l'UE se félicite des contacts accrus entre la KFOR, l'Unmik et l'Arym pour gérer la situation aux frontières. Elle se félicite des actions déjà entreprises, notamment par la KFOR. Elle appelle les pays voisins et les organisations internationales actives dans la région à envisager le soutien qu'ils pourraient apporter. Elle souligne l'importance du rôle joué par la KFOR, l'UE et la Mission des observateurs européens (EUMM), ainsi que de la mission de l'OSCE à Skopje, particulièrement pour la surveillance le long des frontières de l'Arym. Rappelant l'importance d'une gestion intégrée des frontières, l'UE est prête à soutenir les efforts des pays de la région. Dans le cadre de l'amélioration des relations inter-ethniques, l'UE contribue considérablement à l'Université de l'Europe du Sud- Est, à Tetovo. L'UE renouvelle son appel à toutes les forces de l'Arym ainsi qu'au Kosovo pour qu'ils se distancient des forces qui sont à l'origine des attaques récentes et les isolent, et assument leur responsabilité pour la paix et la stabilité dans la région. Elle confirme son attachement au principe de l'inviolabilité des frontières de la région reconnues internationalement, et à la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Arym".
M. Kerim, qui a rencontré aussi les représentants permanents de l'OTAN, a insisté sur sa demande d'une implication accrue de la KFOR aux frontières de l'Arym. "Seule l'intervention de la KFOR de l'autre côté de la frontière, en pleine coopération avec nos forces de sécurité, pourra résoudre la situation sur le terrain", a-t-il déclaré. "L'approche au cas par cas ne peut pas marcher, il faut une surveillance globale des frontières", a-t-il ajouté en précisant qu'il attend que la KFOR agisse en ce sens. L'OTAN a autorisé jeudi les forces serbes à retourner graduellement dans la zone de sécurité qui entoure les frontières du Kosovo. Selon le secrétaire général de l'OTAN, Lord Robertson, la KFOR a pris "des mesures vigoureuses" pour "empêcher que des individus armés traversent la frontière" avec la Macédoine.