Bruxelles, 15/10/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, jeudi 15 octobre, un rapport sur l'état d'avancement de la politique maritime intégrée de l'UE, deux ans après sa mise en place. Elle propose notamment six stratégies d'évolution pour l'avenir. Ces deux dernières années ont démontré que la politique maritime était « très prometteuse » et qu'elle contribuait fortement à la croissance, à l'emploi et à la préservation de l'environnement, dans les zones côtières et au-delà de celles-ci. « Bien qu'elle soit récente, cette nouvelle politique européenne a déjà changé la façon dont l'Europe gère ses richesses maritimes et côtières », écrit la Commission dans ce rapport, qui sera soumis au Conseil européen de décembre prochain.
« Je crois que nous pouvons tirer parti du travail réalisé à ce jour et aller de l'avant avec confiance et détermination », a dit José Manuel Barroso, le président de la Commission. Il souhaite notamment que les autoroutes de la mer deviennent une réalité et que l'UE: - renforce la planification de l'espace maritime ; - intègre la surveillance maritime par-delà les frontières et entre les pays ; - et mette en place un réseau d'observation du milieu marin et de collecte des données.
Lors d'une rencontre avec la presse, Joe Borg, le commissaire européen aux Affaires maritimes, a noté que la Commission avait accompli « la plupart » des tâches figurant dans le plan d'action sur la politique maritime de l'UE, soit une cinquantaine d'initiatives sur une soixantaine. Dans son rapport d'avancement, la Commission définit six orientations stratégiques pour l'avenir: - intégration de la gouvernance maritime (les institutions, les États membres et les régions côtières doivent mettre en place des structures pour exploiter toutes les synergies entre les politiques sectorielles ayant une incidence sur le domaine maritime) ; - création d'instruments intersectoriels (il convient d'aller plus loin en ce qui concerne la planification de l'espace maritime, les données sur le milieu marin et la surveillance maritime intégrée) ; - la définition des limites de la viabilité des activités humaines ayant une influence sur le milieu marin (dans le cadre de la directive-cadre « stratégie pour le milieu mari»), l'objectif étant de faire en sorte que les activités maritimes ne puissent se développer sans que leur incidence cumulée sur le milieu marin n'ait été réellement prise en considération ; - mise en place de stratégies reposant sur les bassins maritimes (les instruments de la politique maritime doivent être adaptés en fonction du contexte géophysique, économique et politique propre à chacun des grands bassins maritimes européens) ; - renforcement de la dimension internationale de la politique maritime intégrée (l'UE pèsera bien davantage dans les relations multilatérales et bilatérales si elle joue un rôle de premier plan dans le domaine des affaires maritimes mondiales, y compris en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité marine ; - importance réitérée de la croissance économique durable, de l'emploi et de l'innovation (l'UE doit notamment favoriser le développement du transport maritime intracommunautaire, stimuler les investissements en faveur du transport maritime sous pavillon de l'UE, ainsi que dans le secteur de la construction navale, faire avancer le projet de bateaux propres, renforcer le lien entre la politique maritime et les politiques de l'UE en matière d'énergie et de climat et veiller à ce que la politique maritime et les zones côtières soient dûment prises en compte dans le débat sur la cohésion territoriale).
Surveillance maritime. À l'heure actuelle, la pratique courante, dans les États membres, reste que chaque autorité sectorielle chargée de surveiller et de suivre les activités en mer rassemble des données opérationnelles sans en aviser ses homologues. Le partage de ces données permettrait d'accroître l'efficacité et la rentabilité des activités de surveillance. Toutefois, le partage de données et l'interopérabilité des systèmes de surveillance posent certains problèmes sur les plans technique et juridique, ainsi que du point de vue de la sécurité. L'exploitation optimale des systèmes existants permettra également aux utilisateurs des différents domaines - contrôle des frontières, pêche, transport maritime, lutte contre l'immigration illégale, douane ou encore défense - d'accéder à une meilleure représentation de la situation maritime, ce qui améliorera fortement leur efficacité opérationnelle.
Parmi les initiatives envisagées, deux projets pilotes destinés à tester concrètement l'intégration de la surveillance maritime sont en cours de lancement; le premier concerne la Méditerranée et le proche Atlantique, le second, la mer du Nord.
Dimension internationale. La Commission a également publié un document dans lequel elle expose comment elle entend faire en sorte que l'UE exerce une forte influence sur la scène internationale en ce qui concerne les affaires maritimes afin de renforcer la gouvernance mondiale des mers et océans. La Commission désigne un certain nombre de domaines qui nécessitent des solutions internationales: protection de la biodiversité marine (y compris en haute mer), changement climatique, sûreté et sécurité maritimes, conditions de travail à bord des navires et recherche sur le milieu marin. (L.C.)