Bruxelles, 15/10/2009 (Agence Europe) - L'agence européenne de surveillance des frontières extérieures (Frontex) demande qu'Ankara applique l'accord de réadmission de migrants repêchés en mer Egée par les autorités grecques. « Alors qu'il y a une tendance de baisse d'arrivées par les frontières terrestres grecques, c'est-à-dire avec la Turquie (- 44 %), l'Albanie (- 10%) ou la Macédoine (- 34 %), les îles grecques continuent de connaître une hausse importante d'entrées illégales », a indiqué, mardi 13 octobre, le directeur-adjoint de Frontex, Gil Arias Fernandez, lors d'une conférence de presse. Selon Frontex, 59 % du nombre d'arrivées illégales dans l'UE par la mer viennent de l'est de la mer Egée et les îles les plus touchées sont Lesvos, Chios, Samos, Leros et Patmos, près des côtes occidentales de la Turquie. Le nombre de migrants arrivés en Grèce par les frontières maritimes a atteint 14.000 personnes au cours des six premiers mois de 2009, une hausse de 47% par rapport à la même période de 2008, a indiqué M. Arias Fernandez. La plupart des migrants affirment venir d'Afghanistan, de Somalie ou des territoires palestiniens. La principale raison de cette hausse est due au refus par la Turquie d'appliquer l'accord de réadmission de migrants, repêchés en mer Egée par les autorités grecques, a-t-il expliqué. « Cela est évidemment l'une des raisons principales de cette hausse (...) si la Turquie coopérait avec nous, les choses seraient plus faciles », a-t-il dit. Toutefois, une série « d'autres facteurs liés à la position géographique de la Grèce et à l'étendue de ses frontières maritimes » complique la tâche face au flux migratoire, selon Frontex. L'état-major des forces armées grecques a indiqué, mercredi 14 octobre, qu'un appareil finlandais participant à une mission Frontex, dans l'espace aérien national grec, à l'est de la petite île de Farmaconissi, a reçu deux messages radio d'un radar turc enjoignant l'équipage de quitter l'espace aérien turc. La Turquie conteste les limites du FIR (zone de contrôle aérien) d'Athènes et envoie régulièrement ce type de messages aux appareils volant près de la zone contestée. L'appareil finlandais a poursuivi sa mission comme prévu. Plusieurs députés européens ont récemment protesté contre les harcèlements d'hélicoptères, d'avions et de navires de Frontex par les autorités turques. (B.C.)