Bruxelles, 15/10/2009 (Agence Europe) - À l'approche de la deuxième conférence de révision de la Convention d'Ottawa (29 novembre - 4 décembre) qui interdit l'utilisation, la production, le stockage et le transfert des mines antipersonnel, la situation reste toujours « mitigée ». Sur plus de cinquante pays signataires ayant des zones minées, plus de quarante n'ont pas achevé le déminage, trois des États signataires ne sont pas parvenus à détruire dans les délais prévus les stocks des mines antipersonnel détenus alors que l'assistance aux victimes ne s'est pas considérablement améliorée au cours des dix ans qui se sont écoulés depuis l'entrée en vigueur de la convention. Le manque ou un accès compliqué aux ressources financières, le manque de volonté politique ainsi que l'usage répandu des mines par les acteurs non-étatiques sont les principales raisons des blocages, ont estimé les participants d'une audition publique organisée jeudi 15 octobre par la sous-commission « défense et sécurité » du Parlement européen.
Parmi 52 États participants qui ont déclaré l'existence sur leurs territoires de zones minées, 41 n'ont pas achevé le déminage. 15 d'entre eux (comme Afghanistan ou Angola) ont bénéficié d'une extension de leur délai, allant dans la plupart des cas jusqu'à dix ans, en reconnaissance du fait qu'il leur faudra plus de temps pour remplir ces obligations. Trois des États participants n'ont pas respecté les délais prévus (Turquie et Grèce qui détiennent respectivement environ un million de mines, Biélorussie dont le stock avoisine 3 millions de mines) pour la destruction de leurs stocks. Le quatrième, l'Ukraine, dont les réserves se chiffrent à 6 millions de mines antipersonnel, probablement ne sera pas non plus en mesure, faute de volonté politique et en raison de problèmes techniques, de respecter l'échéance prévue pour mars 2010. Intervenant lors de l'audition, la représentante de la Grèce a toutefois réaffirmé l'engagement de son pays à remplir ses engagements. D'ici fin novembre, la Grèce devrait parvenir à la destruction de la moitié de ses réserves. Depuis l'entrée en vigueur de la convention, des progrès ont cependant été accomplis. Selon Peter Herby de la Croix rouge, les États-Unis, qui, en février 2004, ont lancé leur propre politique concernant les mines antipersonnel, ont cessé de les utiliser. La Chine et la Russie, tout en restant des producteurs, ont interdit leur exportation. Selon Stephan Husy, le directeur de Geneva International Centre for Humanitarian Demining (GICHD), depuis 1999 environ 1100 km2 des zones déclarées ont été déminés et les États participants ont détruit ensemble plus de 42 millions de mines. (A.By)