Bruxelles, 06/10/2009 (Agence Europe) - Le Représentant spécial de l'UE pour l'Afghanistan et le Pakistan, Franceso Sequi, a plaidé, mardi 6 octobre, pour un renforcement de la mission de police de l'UE (EUPOL Afghanistan) lancé en juin 2007, soulignant le « rôle crucial » des forces de l'ordre dans la stabilisation du pays. « Je vous lance un appel: aidez-nous à renforcer la mission EUPOL », a dit M. Sequi devant les membres de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. En 2008, les États membres se sont engagés à doubler le nombre de policiers engagés dans la mission de 200 à 400, mais ce chiffre est loin d'être atteint, a expliqué M. Sequi. Avec, en ce moment, « 270 agents de police internationaux » sur le terrain, EUPOL est clairement « en sous-effectif », a-t-il dit. Le Représentant spécial, arrivé de Kaboul la veille, a aussi abordé le processus électoral présidentiel qui est toujours en cours. « L'UE soutient le processus électoral, pas un candidat », a-t-il rappelé. Il a exprimé l'espoir que la commission des plaintes électorales (« Election Complaint Commission », ECC), qui examine toujours certaines plaintes, puisse rapidement annoncer le résultat officiel du scrutin. Car, « si un deuxième tour (des élections) était nécessaire, il devrait avoir lieu pas plus tard qu'octobre » en raison des difficultés météorologiques liées à l'hiver. La « fatigue électorale » du peuple afghan doit également être prise en compte, estime-t-il. Et puis, il est important que l'Afghanistan ait rapidement un « gouvernement compétent, crédible et engagé ». Le Représentant spécial de l'UE a aussi parlé de l'insécurité qui complique considérablement tous les efforts de stabilisation et de développement du pays. La lutte contre l'insécurité doit, certes, avoir une dimension militaire très forte, mais nous ne devons pas oublier la dimension socio-économique, a dit M. Sequi. « Nous devons gagner le cœur et l'esprit des Afghans, mais aussi leur estomac », a-t-il affirmé. La réconciliation et l'inclusion des insurgés est un autre aspect important. « Oui, nous devons aussi parler avec les talibans » et les « inclure » dans le processus, à condition que certaines « lignes rouges » soient respectées, notamment le respect de la Constitution afghane qui garantit, entre autres, l'égalité entre les hommes et les femmes et le respect des droits de l'Homme, a dit M. Sequi. (H.B.)