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Bulletin Quotidien Europe N° 9976
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

La Commission annonce la fin de la récession

Bruxelles, 14/09/2009 (Agence Europe) - « Pour la première fois depuis la crise de Lehman Brothers, la banque américaine qui avait fait faillite il y a un an, nous pouvons vous présenter des prévisions qui sont teintées d'optimisme », a déclaré Joaquín Almunia, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, en présentant, lundi 14 septembre, les dernières perspectives économiques de la Commission européenne. La Commission table désormais sur une croissance positive du PIB de l'UE à 27 dès le troisième trimestre de 2009 (+0,2%), mais, conformément à ses prévisions de mai dernier, elle continue de tabler sur une contraction du PIB de l'UE en 2009 de 4%. Les prévisions en matière d'inflation pour 2009 demeurent inchangées à +0,9 % pour l'UE et +0,4 % pour la zone euro.

L'économie mondiale n'est plus en chute libre, et c'est déjà une bonne nouvelle. Les signes d'amélioration au niveau mondial « sont plus importants », a noté M. Almunia, vantant les mérites de l'action coordonnée des pays décidée au sein du G20. Les données récentes concernant le commerce et la production industrielle, ainsi que la confiance des entreprises et des consommateurs, sont encourageantes, indique la Commission. Les économies émergentes d'Asie, surtout la Chine, semblent tirer la relance. Les économies américaine, japonaise, brésilienne, ainsi que certaines économies européennes, « sont entrées en territoire positif » pour la première fois depuis le début de la crise, a dit le commissaire européen. Les taux d'intérêt vont rester bas, alors que le taux de change pour l'euro et le prix du pétrole « vont augmenter ».

Chute de 4% du PIB en 2009. La chute du PIB de l'UE s'est sensiblement ralentie au deuxième trimestre (-0,2 % en glissement trimestriel après -2,4 % durant le premier trimestre 2009). De fait, le retour à une croissance positive dans l'UE est attendu au troisième trimestre (+0,2%), avant une estimation de +0,1% au quatrième trimestre 2009 (lors de ses prévisions de mai dernier, la Commission tablait sur une contraction de l'économie également au troisième et au quatrième trimestres). On voit que l'Allemagne et la France s'en sortent plutôt bien, avec respectivement +0,7% et +0,4% de croissance du PIB au troisième trimestre. M. Almunia a signalé l'impact positif qu'ont eu le plan de relance (européen et dans les pays de l'UE) et les politiques monétaires menées. La Commission table sur une réduction du PIB de l'UE de 4% en 2009, dont: -5,1% en Allemagne, -3,7 en Espagne, -2,1% en France, -5,0 en Italie, -4,5 aux Pays-Bas, -4,3% au Royaume-Uni et +1% en Pologne.

« Les marchés financiers connaissent une embellie », a dit aussi M. Almunia. Les écarts de rendement se rétrécissent, mais les flux de crédits ne circulent pas normalement, tempère la Commission (ralentissement des crédits). « La situation en matière d'investissement (des entreprises et des ménages) est toujours mauvaise et on constate que la crise, avec un retard de deux à trois trimestres, a maintenant des effets très marqués sur le chômage », s'inquiète le commissaire aux Affaires économiques. En effet, 1,4 million de personnes ont perdu leur travail au deuxième trimestre dans l'UE, dont 702 000 dans la zone euro (voir la nouvelle plus bas sur les chiffres Eurostat).

Faible inflation. L'indice des prix à la consommation a baissé durant le premier semestre de 2009, pour atteindre un niveau bas de 0,2 % en juillet dans l'UE (et un niveau record de -0,7 % dans la zone euro), principalement en raison du reflux des prix de l'énergie et des denrées alimentaires. Le taux d'inflation pourrait augmenter en fin d'année. Toutefois, la Commission ne redoute pas des pressions inflationnistes « dans la mesure où l'activité économique reste faible et que la croissance des salaires devrait ralentir », selon un communiqué de presse. Dans l'ensemble, les prévisions en matière d'inflation demeurent inchangées par rapport aux prévisions de printemps, à 0,9 % dans l'UE en 2009 (0,4 % dans la zone euro).

Allemagne. Après un premier trimestre très mauvais (-3,5%), la situation du PIB dans ce pays s'est améliorée, a noté M. Almunia. La Commission escompte +0,3% au deuxième trimestre et +0,7% au troisième, grâce aux mesures de relance qui ont stimulé la consommation et à la nette amélioration du commerce extérieur et international. En ce qui concerne l'inflation, un pic est attendu au dernier trimestre de l'année (+0,6%). Le taux annuel 2009 en Allemagne devrait atteindre 0,3%.

Espagne. La trajectoire d'ajustement est un petit peu plus lente que la moyenne de l'UE en raison des déséquilibres structurels et des effets de la crise (endettement des ménages, crise de l'immobilier, chômage très élevé…). En même temps, la Commission a constaté une baisse du coût du crédit et une amélioration de la confiance des consommateurs. L'Espagne continuera à avoir des chiffres négatifs de croissance fin 2009 (-0,4 au troisième trimestre, -0,2 au quatrième), mais, sur l'ensemble de l'année, la baisse du PIB espagnol (-3,7%) serait inférieure à celle de l'UE. L'inflation est négative au deuxième (-0,7) et au troisième (-0,8) mais devrait retrouver un chiffre positif au dernier trimestre (0,9%). L'inflation annuelle devrait être de 0 en Espagne.

France. Grâce aux exportations et à la consommation privée, qui résiste bien à la crise, la croissance du PIB de la France est repassée en positif dès le deuxième trimestre (+0,3%). La Commission table sur une hausse du PIB français de 0,4 et de 0,3 au 3ème et au 4ème trimestres. Le recul du PIB français en 2009 devrait s'élever à 2,1%, alors que la Commission tablait en mai dernier sur une baisse de 3%. L'inflation en France devrait être de 0 en glissement annuel.

Italie. Une amélioration graduelle est constatée à partir de la mi-2009, après une récession profonde. Les chiffres de la croissance sont de -0,5% au deuxième trimestre, puis +0,2 au troisième et +0,1 au quatrième. La confiance s'est récemment améliorée et les exportations devraient bénéficier de cette relance du commerce international, a dit M. Almunia. L'inflation en Italie devrait être de 0,9% en 2009 « sans aucun trimestre en territoire négatif », a constaté le commissaire.

Pays-Bas. Au quatrième trimestre de 2009, la récession devrait « arriver à son terme » dans ce pays (PIB de 0%, après -0,4% au troisième trimestre), « c'est-à-dire un peu plus tardivement qu'en France, Allemagne, ou Italie », a expliqué le commissaire Almunia. La baisse du PIB a été très prononcée pendant la crise compte tenu de la forte dépendance de l'économie du pays avec l'évolution du commerce international. L'inflation aux Pays-Bas sera de 1,1% en 2009, soit un peu plus que la moyenne de l'UE (0,9).

Pologne. Le PIB de la Pologne devrait rester positif toute l'année (0,3 au premier trimestre, 0,5 au deuxième, 0,1 au troisième et 0 au quatrième) et ce pays devrait être le seul de l'UE à avoir un PIB en hausse (+1%) sur l'ensemble de l'année 2009. L'inflation devrait atteindre 3,8% en 2009.

Royaume-Uni. Ce n'est qu'au troisième trimestre que la croissance du pays devrait sortir du rouge (+0,2%, après -0,7% au deuxième trimestre). La hausse des dépenses publiques aura un effet modéré sur la croissance. La dépréciation de la livre sterling a donné un coup de pouce à l'économie et à l'inflation (1,9% prévu en 2009, tout de même supérieur à la moyenne de l'UE).

Sortie de crise. « Nous devons continuer à mettre en œuvre les mesures de relance annoncées pour cette année et pour 2010 et accélérer l'assainissement du secteur financier pour faire en sorte que les banques puissent prêter dans des conditions raisonnables lorsque les entreprises et les ménages recommenceront à investir. Et nous devons définir une stratégie claire, crédible et coordonnée de sortie de crise pour ramener progressivement les finances publiques sur une trajectoire durable et trouver les ressources nécessaires pour accroître le potentiel de croissance et d'emploi de l'Europe », a déclaré Joaquín Almunia.

Plan de relance. « D'après nos estimations », les mesures de relance prises par l'UE et les États membres ont représenté 1,4% du PIB de l'UE en 2009, avec 1,1% de plus prévu en 2010, soit 2,5% au total sur 2009 et 2010 (et un total de 2,4% du PIB dans la zone euro). « Avant l'été, on parlait d'un paquet de 1,8% du PIB », a dit le commissaire, en répondant à des questions de la presse. En comptant en plus les effets des stabilisateurs économiques, les mesures de relance ont représenté 5,5% du PIB de l'UE pour 2009 et 2010. (L.C.)

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