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Bulletin Quotidien Europe N° 9927
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/opep

Accord sur la nécessité d'une meilleure régulation des marchés

Bruxelles, 23/06/2009 (Agence Europe) - Réunis mardi 23 juin à Vienne pour la 6ème réunion du dialogue énergétique UE/OPEP, les ministres représentant les 27 États membres de l'Union et les pays exportateurs de pétrole ont convenu du risque que le marché du pétrole soit confronté à une nouvelle bulle spéculative, à défaut d'une réforme du secteur financier et d'une meilleure transparence. « La bulle de 2008 pourrait se reproduire si des réformes du système de régulation, notamment une meilleure transparence, ne sont pas effectuées dans le cadre d'une refonte globale du secteur financier mondial », soulignent-ils dans leur déclaration finale conjointe. Les ministres de l'UE comme de l'OPEP ont aussi convenu que le rôle de la spéculation dans les marchés financiers n'avait pas été réglé. Tandis que l'UE privilégie le rôle d'une offre insuffisante pour répondre aux besoins du marché, l'OPEP de son côté accuse fréquemment la spéculation d'être à l'origine des flambées des cours. « Depuis le début 2008, nous alertons le monde de l'existence d'une bulle. Il nous faut une sorte de régulation », a insisté devant la presse à l'issue des travaux le secrétaire général du cartel pétrolier, Abdalla Salem El-Badri, tout en assurant de la disposition de l'OPEP à fournir « à tout moment » le pétrole dont le monde peut avoir besoin, « quelle que soit la quantité demandée ». « Nous sommes en situation de surcapacité de production », a-t-il rappelé, estimant qu'il n'y avait pas de problème de sécurité de l'approvisionnement. Selon M. El-Badri, les pays du cartel respectent actuellement à 75% les quotas de production fixés pendant leur réunion de décembre dernier à Oran, en Algérie. Depuis, malgré les réductions décidées, l'OPEP n'a pas modifié ses quotas, appelant, à chacune de ses réunions, à les appliquer au mieux.

Les ministres de l'UE et l'OPEP ont en outre convenu que le niveau actuel des cours - autour des 70 dollars - n'était pas une menace pour la reprise économique. À la dernière conférence de l'OPEP, en mai dernier, l'Arabie saoudite avait estimé qu'un cours de 75 dollars le baril pouvait être atteint cette année et que l'économie était capable de le supporter. Pour M. El-Badri comme pour le ministre angolais du Pétrole et président en exercice de l'OPEP, José Botelho de Vasconcelo, même un baril à 80 dollars ne menacerait pas la reprise mondiale. Selon l'OPEP, les inquiétudes n'apparaissent que lorsque le cours du baril de brut dépasse les 100 dollars. Du côté européen, représenté à Vienne par le commissaire à l'Énergie, Andris Piebalgs et le ministre tchèque de l'Industrie, Vladimir Tošovsky, on estime qu'un baril à 80 dollars serait inquiétant pour l'économie mondiale, tandis qu'un cours à 70 dollars ne serait pas néfaste. « Nous avons convenu durant notre réunion qu'un cours de 70 dollars le baril, soit le niveau actuel, ne nuisait absolument pas à la reprise économique. Nous pensons franchement que la situation actuelle est stable. Si cela continue, nous aurons une chance de reprise et cela garantira la poursuite des investissements en amont », a dit M. Piebalgs. L'OPEP juge qu'un cours trop bas menace les investissements dans les nouveaux gisements. Dans la déclaration conjointe, le cartel prévient que l'incapacité à développer de nouvelles capacités d'exploitation fait courir le risque de perpétuation de bulles spéculatives.

Dans leur déclaration conjointe, les ministres saluent les progrès réalisés depuis la dernière réunion de Bruxelles en juin 2008 (EUROPE n° 9689), où ils avaient convenu de la tenue d'une table ronde sur le captage et stockage de carbone (CCS) fin octobre 2008 à Bruxelles, de la conduite d'une étude sur l'impact des marchés financiers sur le prix du pétrole et la volatilité suivie d'un atelier début 2009 à Vienne, de la conduite d'une étude de faisabilité de la création du Centre conjoint UE/OPEP de technologie énergétique et de la préparation d'un mandat pour une étude conjointe sur le raffinage.

Notons que dans un chapitre consacré à la compréhension mutuelle des politiques énergétiques de l'UE et de l'OPEP, le cartel pétrolier souligne que la récession économique, doublée de nouvelles législations et réglementations dans beaucoup de pays consommateurs, amplifie l'incertitude à long terme qui pèse sur la sécurité de la demande de pétrole. « Ceci peut avoir des implications pour les conditions d'investissement futur en aval et en amont », avertit l'OPEP, qui admet néanmoins que les combustibles fossiles, pétrole en tête, continueront à jouer un rôle essentiel dans la satisfaction de la plupart des besoins énergétiques du monde.

Enfin, outre leur engagement réaffirmé, à la veille de la conférence sur le climat en décembre à Copenhague, en faveur du développement durable et du déploiement de technologies propres comme le CCS, les ministres ont convenu du programme de travail suivant d'ici la prochaine réunion UE/OPEP programmée pour juin 2010 à Bruxelles: - le lancement d'une étude d'impact des biocarburants sur l'industrie du raffinage, suivie d'un atelier de travail appelé à en discuter les conclusions ; - l'organisation d'un tour de table sur l'impact de la crise financière globale sur l'investissement dans l'exploration et la production ; - la conduite d'une étude de faisabilité du centre de technologie conjoint UE/OPEP. (E.H.)

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