Bruxelles, 18/06/2009 (Agence Europe) - Lors de son intervention devant le Conseil européen, Hans-Gert Pöttering est d'abord revenu sur le résultat des récentes élections européennes. « Les citoyennes et les citoyens européens ont élu leur Parlement entre les 4 et 7 juin derniers. En tant que président du Parlement européen, je me félicite de constater qu'une majorité pro-européenne s'est clairement dégagée de ce vote. Quelque 80 % des 736 députés élus sont issus de partis qui approuvent le processus d'unification européenne et le Traité de Lisbonne », a dit le président du Parlement européen, avant de poursuivre: « Je me réjouis également de constater que le nombre de femmes députés a plus que doublé au fil du temps. Près de 35 pour cent des députés sont à présent des femmes - les députés finnois, parmi lesquels se trouvent 62 % de femmes, occupant le sommet du classement à cet égard. Ce phénomène est lui aussi le signe d'une démocratie vivante, qui englobe tous les secteurs de la société ». « Bien sûr, nous aurions souhaité une participation électorale plus forte. Il n'en demeure pas moins que 162 millions de citoyennes et de citoyens ont participé aux élections. La mobilisation simultanée de tant de personnes originaires de 27 pays d'un même continent pour une élection démocratique représente malgré tout une victoire. La participation aux élections à mi-mandat à la Chambre des représentants des États-Unis s'élevait à 36 pour cent en 2006, et personne n'oserait mettre en cause la légitimité et l'autorité de cette institution », a-t-il ajouté.
Pour l'élu de la CDU, ces élections « ont également montré que les citoyennes et les citoyens préconisent une économie sociale de marché, garante d'un équilibre entre le libéralisme du marché et la responsabilité sociale. Ils souhaitent la poursuite de notre programme européen pour une meilleure surveillance et réglementation des marchés financiers ». Aussi est-il capital de créer le cadre opportun pour la surveillance des marchés financiers sur un marché intérieur unique européen. « Nous devons abandonner l'idée de structures de surveillance purement nationales - nous avons besoin de solutions européennes », affirme Hans-Gert Pöttering qui estime que l'UE doit persévérer dans son programmes de réformes et veiller en particulier à ce qu'un accord global puisse voir le jour en décembre lors de la conférence sur le climat de Copenhague.
« Le Conseil européen de ce jour a la lourde responsabilité de désigner le nouveau président de la Commission. Selon l'esprit du Traité de Lisbonne, la famille politique dont la supériorité numérique a été confirmée lors des élections au Parlement européen a droit à ce que le nouveau président de la Commission européenne soit issu de ses rangs », a déclaré le président du Parlement européen qui ajoute: « Les électeurs ont donné un mandat clair. Nous devons nous conformer à ce mandat démocratique. Les conditions sont réunies pour la désignation du président en exercice de la Commission européenne lors de ce sommet ». Il reconnaît cependant que « Les avis divergent au sein du Parlement - ce qui n'était pas le cas avant les élections - sur la date de l'élection du président de la Commission européenne ». Aussi, la conférence des présidents des groupes politiques se prononcera sur ce point le 9 juillet, lors de l'établissement de l'ordre du jour de la nouvelle législature, qui commencera le 14 juillet. « Il est important, au travers de la désignation aujourd'hui du futur Président de la Commission européenne, de garantir une continuité », affirme encore le président Pöttering.
« Au cours de l'année écoulée, l'Union européenne a été sollicitée comme rarement auparavant. Jour après jour, nous payons le prix de la non-entrée en vigueur du Traité de Lisbonne », a aussi constaté le président du Parlement européen en invitant les responsables des États qui, suite à la ratification par voie parlementaire, n'ont pas encore mené la procédure à son terme à le faire rapidement.
Avant de clore son discours, Hans-Gert Pöttering a rappelé l'importance que le Parlement attache à « un équilibre juste au Proche-Orient », son inquiétude face à l'augmentation de la violence en Iran et le soutien constant du Parlement à Aung San Suu Kyi. (O.J.)