Bruxelles, 18/06/2009 (Agence Europe) - Jeudi soir au Conseil européen, lors d'un dîner essentiellement consacré au débat sur la désignation du prochain président de la Commission, José Manuel Barroso a présenté aux chefs d'État et de gouvernement ses « ambitions politiques » et priorités de travail pour les cinq prochaines années au cas où il devait être reconduit dans cette fonction. Il les avait déjà résumées dans une lettre envoyée mercredi 17 juin aux 27 dirigeants. Dans cette lettre, M. Barroso souligne que s'il était confirmé par le Conseil européen et approuvé par le Parlement européen, il comprendrait ce choix « comme un mandat pour mettre en œuvre la vision politique ambitieuse dont l'Europe a besoin au cours des cinq prochaines années ». En ces temps de crise, « nous avons plus que jamais besoin d'une Union et d'une Commission européenne fortes », souligne le président de la Commission. Il développe ensuite ses « ambitions », qui sont de nature plutôt générale et qui visent manifestement à satisfaire un maximum de revendications venant des différents groupes politiques au Parlement européen où, rappelons-le, une majorité des députés devra approuver le candidat proposé par le Conseil européen. Première ambition citée dans la lettre: promouvoir « une Europe qui place l'opportunité, la responsabilité et la solidarité au cœur de l'économie sociale de marché ». M. Barroso dit croire dans une « Europe ouverte, compétitive et prospère » capable de bénéficier un maximum du marché intérieur et de l'euro, dotée d'une base industrielle moderne, qui promeut le développement du secteur agricole et qui crée davantage et de meilleurs emplois pour ses citoyens. L'Europe qu'ambitionne M. Barroso est aussi celle qui « investit dans son avenir », dans des infrastructures modernes, la recherche et le développement et le développement d'une société fondée sur la connaissance. Vient ensuite le souhait de voir une Europe qui « prépare le chemin pour une croissance plus intelligente, plus verte et plus durable », qui reste le « fer de lance mondial » dans la lutte contre le changement climatique, qui développe une économie pauvre en émissions de carbone et qui promeut la sécurité énergétique. Enfin, tout à la fin de sa liste, M. Barroso promet de « continuer à pousser en faveur d'une régulation efficace et d'une supervision globale des marchés financiers », de « façonner la globalisation avec nos propres valeurs », de défendre les droits de l'Homme et de travailler en faveur d'une Europe « qui parle haut et fort avec une seule voix sur la scène mondiale ».
Une constatation qui risque de ne pas plaire au groupe socialiste au PE: la dimension sociale n'occupe pas une place prioritaire dans la vision et l'ambition du « candidat » Barroso. Certes, il parle de l'économie sociale de marché et de la nécessité de renforcer la « cohésion économique et sociale » en Europe, mais pour le reste, le seul engagement en matière de politique sociale que fait M. Barroso dans sa lettre aux chefs d'État et de gouvernement est de « promouvoir des normes sociales et environnementales plus élevées dans le monde entier ». En mai dernier, le groupe socialiste avait pourtant conditionné son soutien à des engagements sociaux beaucoup plus ambitieux de la part du prochain chef de la Commission. Ils avaient notamment réclamé un « changement de cap en faveur d'une Europe plus sociale » avec l'adoption d'un « Protocole sur le Progrès social » et la révision de la directive sur le détachement des travailleurs (EUROPE n° 9895). (H.B.)