L'Inde reste le pays le plus attractif pour les délocalisations. Selon le classement annuel établi par le cabinet AT Kearney, l'Inde reste le pays le mieux placé pour la délocalisation de services, suivi par la Chine et la Malaisie. Un trio qui conserve la tête depuis le premier classement en 2004. Par contre, les pays d'Europe centrale et de l'est paient les conséquences de la crise économique et financière et reculent dans le classement au profit de pays asiatiques (Thaïlande, Indonésie, Vietnam, Sri Lanka), du Moyen- et Proche-Orient (Égypte, Jordanie, Émirats arabes unis) et de l'Afrique du Nord (Maroc, Tunisie). L'Inde recueille les fruits d'une force de travail qualifiée, parlant parfaitement l'anglais et dont le coût est bien moindre qu'aux États-Unis ou dans la zone euro. La Chine, qui revendique aussi une force de travail bien formée et des opportunités de coûts intéressantes pour les entreprises américaines et japonaises, souffre en revanche d'un manque de capacités linguistiques évident et d'un problème de respect de la propriété intellectuelle. L'économie chinoise est, par ailleurs, davantage tournée vers l'industrie que vers le secteur des services. En Europe de l'est, la République tchèque passe de la 16ème place en 2007 à la 32ème place en 2009, la Slovaquie de la 12ème à la 40ème, la Pologne de la 18ème à la 38ème, et la Hongrie de la 24ème à la 37ème. La cause principale de ce recul est l'envol des coûts consécutifs à l'appréciation des devises nationales par rapport au dollar et à l'inflation salariale dans ces pays souligne l'étude. Seule la Roumanie (19ème en 2009 ; 33ème en 2007) tire son épingle du jeu et la Bulgarie (13ème en 2009 ; 9ème en 2007) dans une moindre mesure. Autre caractéristique de 2009: les entreprises européennes ont emboîté le pas à leurs homologues américaines pour délocaliser leurs services, même si les sociétés américaines représentent encore 70% des dépenses de délocalisation. L'étude souligne encore que non seulement les entreprises délocalisent mais elles sous-traitent de plus en plus leurs activités à des sociétés locales. (I.L.)