Bruxelles, 02/06/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de l'Immigration, Jacques Barrot, a estimé vendredi 29 mai que le rapatriement par l'Italie de potentiels demandeurs d'asile, stoppés en Méditerranée, vers la Libye est inacceptable. « Dans le cas du refoulement par l'Italie, vers la Libye, d'immigrés clandestins interceptés en mer, il n'y a pas eu de possibilités de contrôler qui était légitimement un demandeur d'asile, ce qui n'est pas acceptable », a-t-il déclaré, à l'issue d'une réunion des ministres de l'Intérieur et de la Justice du G8, à Rome. Début mai, près de 500 immigrants ont été refoulés par des navires de la marine italienne vers la Libye, pays non signataire de la Convention de l'ONU sur les réfugiés. Le commissaire a donc insisté sur « la nécessité de bien distinguer les demandeurs d'asile, qui ont droit à la protection de l'Europe, et les migrants », selon AFP. « Il n'est pas normal que les demandeurs d'asile doivent avoir recours à des passeurs, trafiquants d'êtres humains, pour pouvoir déposer leur requête », a néanmoins ajouté M. Barrot, lequel a appuyé la suggestion de l'Italie de créer en Afrique des centres d'identification qui, avec l'aide du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, permettraient aux candidats à l'asile politique de déposer leur demande. Lors de cette rencontre, l'Italie a réclamé une nouvelle fois le soutien de l'UE pour qu'elle aide les pays du Sud à lutter contre l'immigration clandestine. Le sujet sera débattu jeudi 4 juin lors d'une réunion des ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE à Luxembourg (EUROPE n° 9911). En prévision de cette rencontre, le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, António Guterres, a appelé, mardi 2 juin, l'UE à s'assurer que les mesures de contrôle sur l'immigration ne bafouent pas les droits fondamentaux des demandeurs d'asile et des réfugiés. Il a notamment appelé l'Union à soutenir la Libye pour qu'elle améliore les conditions des demandeurs d'asile, tout en demandant aux États membres d'admettre chez eux les personnes ayant besoin d'une protection internationale. (B.C.)