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Bulletin Quotidien Europe N° 9869
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/prÉsidence tchÈque

La chute du gouvernement tchèque n'aura « aucun impact » sur la présidence de l'UE, affirment Mirek Topolánek et Alexandr Vondra - Craintes à propos de la ratification du Traité de Lisbonne

Bruxelles, 25/03/2009 (Agence Europe) - Après la chute du gouvernement tchèque (une coalition composée des libéraux de l'ODS, des démocrates-chrétiens et des Verts) lors d'un vote de défiance initié par l'opposition sociale-démocrate mardi soir au parlement à Prague, le Premier ministre et actuel président du Conseil européen, Mirek Topolánek, s'est voulu rassurant que cette crise interne majeure n'aura pas d'impact négatif sur la conduite de sa présidence européenne. La Commission européenne affirme aussi avoir confiance dans le système constitutionnel tchèque pour gérer cette crise politique de manière responsable et assurer la continuité de la Présidence tchèque de l'UE. Certains députés européens, en revanche, craignent des conséquences désastreuses, non seulement pour la présidence européenne, mais aussi sur la ratification tchèque du Traité de Lisbonne. Le nouveau traité, déjà approuvé par la chambre des députés tchèques, doit encore été voté au Sénat. Ce vote devait en principe avoir lieu dans les semaines à venir.

« Nous avons affaire à l'obstruction des sociaux-démocrates en République tchèque (…) Mais ne vous inquiétez pas, cette situation n'aura pas d'impact sur la présidence de l'Union (…) La Présidence tchèque continuera à travailler », a déclaré M. Topolánek mercredi matin devant le Parlement européen réuni en séance plénière à Strasbourg. « Il n'y a aucune raison de s'inquiéter, absolument aucune. Nous sommes une Présidence (de l'UE) sérieuse et responsable » qui continuera à fonctionner avec la même efficacité, a insisté Alexandr Vondra, le vice-premier ministre tchèque et actuel président du Conseil « Affaires générales ». M. Topolánek a rappelé que des changements de gouvernement ont déjà eu lieu à deux reprises dans des pays assumant la présidence européenne (au Danemark en 1993 et en Italie en 1996) sans que cela n'ait eu de conséquences négatives sur leur travail. M. Topolánek s'est engagé à « agir conformément à la Constitution ». Celle-ci prévoit que le Premier ministre doit à présent remettre sa démission au président de la République, Vaclav Klaus, qui décidera à qui confier la composition d'un nouveau gouvernement. « Pour le moment, ces événements ne changent rien au rôle de président du Conseil européen tenu par Mirek Topolánek, le président du parti le plus fort au parlement », explique la Présidence tchèque. Jiri Paroubek, le chef des sociaux-démocrates dans l'opposition, serait prêt à accepter que le gouvernement déchu reste en place pour expédier les affaires courantes jusqu'à la fin de la présidence européenne quand de nouvelles élections pourraient avoir lieu. Il appartiendra au président Klaus de décider des prochaines étapes.

La Commission s'en tient aux dispositions du traité qui stipulent que le pays exerçant la présidence tournante du Conseil est représenté par le gouvernement reconnu comme tel selon les règles constitutionnelles du pays en question. « La Commission a pleinement confiance que le droit constitutionnel national permettra à la République tchèque de poursuivre sa présidence du Conseil aussi efficacement qu'elle l'a fait jusqu'à présent », affirme-t-elle dans une déclaration publiée mardi soir. Elle est optimiste que la crise politique sera résolue d'une façon qui assure le bon fonctionnement de la Présidence européenne. Mercredi, au PE, José Manuel Barroso a simplement estimé que « la Présidence tchèque mérite notre plein soutien ».

Le président du PE, Hans-Gert Pöttering, a lui aussi estimé que la chute du gouvernement tchèque « ne devrait pas influencer le travail de la Présidence » de l'UE. « Nous devons encourager la Présidence de telle sorte que le processus de ratification du Traité de Lisbonne se poursuive », a-t-il souligné. M. Topolánek a dit mercredi qu'il ferait tout pour que le traité soit ratifié par son pays mais a aussi pointé du doigt la responsabilité des initiateurs du vote de défiance, les sociaux-démocrates de M. Paroubek, au cas où le vote sur le traité serait remis en question. Jo Leinen (PSE), le président de la commission des affaires constitutionnelles du PE, réclame lui aussi que le vote du sénat tchèque sur le Traité de Lisbonne ne soit pas compromis par la chute du gouvernement. L'Europe ne peut pas être prise en otage par les difficultés politiques internes d'un pays membre, dit-il. Elmar Brok (PPE-DE) craint le pire pour le traité. Après la chute de son gouvernement (même s'il devait rester en place pour gérer les affaires courantes jusqu'à la fin de la présidence européenne), M. Topolánek risque de ne plus avoir suffisamment d'influence politique sur les membres du sénat où une grande partie des membres de l'ODS éprouvent une antipathie personnelle pour le Traité de Lisbonne, estime M. Brok. « Le président (Vaclav) Klaus a gagné sa lutte contre l'Europe », affirme M. Brok, cité sur Spiegel online. Daniel Cohn-Bendit (Verts) estime lui aussi que la ratification du nouveau traité par la République tchèque est en danger.

M. Topolánek a par ailleurs confirmé, mercredi, qu'il souhaitait que le Conseil européen de juin arrive à un « accord politique » sur la désignation du président de la future Commission européenne. Évoquant la demande du Parlement d'être consulté sur cette désignation une fois que les résultats des élections européennes seront connus, il n'a pas exclu que le Conseil européen, initialement prévu pour les 18/19 juin, puisse être reporté pour laisser un peu plus de temps aux consultations avec le PE nouvellement élu. (H.B.)

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