Bruxelles, 26/02/2009 (Agence Europe) - La présentation des propositions du Groupe Larosière sur la réforme du système européen de supervision financière a suscité des réactions, généralement positives, issues du Parlement européen et de l'industrie bancaire et des assurances (voir EUROPE n°9848). La socialiste française Pervenche Berès salue les recommandations visant (1) à transformer les trois comités européens de régulateurs nationaux dans le secteur des valeurs mobilières (CESR), bancaire (CEBS) et des assurances (CEIOPS) en autorités européennes disposant d'un pouvoir de médiation et (2) à créer une nouvelle entité chargée de la supervision macro-prudentielle pour toute la sphère financière. Deux suggestions déjà faites par le PE, rappelle-t-elle. Les propositions sur le volet macro-économique reconnaissent, selon elle, le rôle majeur pour la stabilité financière joué par la Banque centrale européenne au plus fort de la crise à travers ses injections massives de liquidités, a-t-elle déclaré mercredi 25 février à EUROPE. « Nous ne devons pas être timides dans notre ambition ni dans notre action ! », estime la présidente de la commission parlementaire des affaires économiques, en appelant la Commission européenne à présenter « un plan exhaustif » garantissant la pleine participation du PE et s'inspirant des plans « Delors » des années 1980. Davantage sur ses gardes, le conservateur britannique John Purvis prévient: « Si un organe de conseil et d'alerte sur les questions macro-économiques peut présenter des avantages pour se prémunir de crises futures, il ne doit pas se servir d'une supervision accrue comme un moyen caché d'arracher plus de pouvoir aux régulateurs nationaux ». Pour une transparence et prudence accrues sur les marchés, il conseille néanmoins d'éviter « les réactions interventionnistes trop zélées » qui mineraient la compétitivité de l'industrie de l'UE au niveau international.
La Fédération bancaire européenne (FBE) accueille favorablement l'approche du Groupe Larosière qui place « les collèges de superviseurs au cœur du système européen de supervision financière proposé parallèlement à des comités de niveau 3 renforcés et mieux financés ». La proposition de créer un Conseil européen du risque systémique pour la supervision macro-prudentielle est, selon elle, « proche » de sa propre idée de mettre en place un Forum européen de stabilité financière. Le Groupe européen des caisses d'épargne (ESBG) se dit favorable à une mise en œuvre progressive des recommandations et est tout à fait d'accord avec le groupe de sages qui reconnaît « le rôle central des superviseurs locaux ». Sur les critiques du rapport vis-à-vis des régimes de rémunération des dirigeants, l'Association des assureurs mutuels et coopératives en Europe (AMICE) est d'avis que ses membres sont en mesure d'éviter certaines tentations et risques liés à des stratégies de court terme. À l'instar du Comité européen des assurances, elle salue l'appel des experts en faveur de l'adoption urgente (mai 2009) de la proposition de directive « Solvabilité II » fondée sur le calcul du risque économique et incluant un régime de soutien de groupe. (M.B.)