Strasbourg, 16/01/2009 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 15 janvier, une résolution sur la liberté de la presse au Kenya, le Parlement européen déplore la signature par le président Kibaki d'une loi sur les communications potentiellement attentatoires au droit d'expression et à la liberté de la presse. Les articles 88 et 46 sont particulièrement problématiques, le premier donnant au ministère de l'information des pouvoirs considérables pour perquisitionner dans un media considéré comme menaçant la sécurité nationale et démanteler ses équipements de diffusion, le second conférant à l'État le pouvoir de régir les contenus qui peuvent être diffusés et publiés par les médias électroniques et la presse.
S'il a négligé de prendre en compte les nombreuses réserves formulées à l'encontre de cette loi au moment de sa signature, le président kényan a toutefois manifesté son intention de prendre en considération les amendements à la législation proposés par les membres des médias, se félicitent toutefois les députés. Ils invitent ainsi le gouvernement kényan à engager une consultation des parties intéressées afin de parvenir à un consensus sur les moyens permettant de mieux régir le secteur des communications sans interférer avec la liberté de la presse. Et de souligner la nécessité de se pencher sur la culture d'impunité au Kenya, afin de pouvoir traduire en justice les responsables des violences post-électorales il y a un an. Notamment par la mise en place d'une commission indépendante d'experts que le président Kibaki et le Premier ministre Odinga ont en théorie convenu de créer. (A.B.)