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Bulletin Quotidien Europe N° 9820
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/guantanamo

L'UE attend une proposition des Américains avant de se prononcer

Prague, 16/01/2008 (Agence Europe) - L'Union européenne enverra une mission aux États-Unis pour connaître les intentions de la nouvelle administration américaine sur le sort des détenus qui seraient libérés de la prison de Guantanamo, a annoncé jeudi 15 janvier la Commission européenne. «Nous allons ensemble avec Ivan Langer (le ministre tchèque de l'Intérieur) rencontrer la nouvelle administration américaine», a déclaré le commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, Jacques Barrot, lors de la réunion informelle des ministres de l'Intérieur de l'UE à Prague. Cette rencontre devrait se dérouler au mois de février. Le débat sur l'accueil des détenus de Guantanamo n'était pas au programme des discussions entre les ministres mais plusieurs d'entre eux ont souhaité soulever la question. « Nous n'avons pas de demande formelle des Américains », a précisé M. Barrot. « Nous avons besoin de savoir ce que l'on attend de nous », a de son côté expliqué M. Langer. « Nous attendons que M. Obama nous dise ce qu'il veut, quelles sont ses intentions. Nous avons besoin de quelque chose de concret », a-t-il ajouté. Certains États membres se sont toutefois montrés réticents à l'idée d'un éventuel accueil en Europe d'anciens détenus de Guantanamo qui ne pourraient pas être renvoyés dans leur pays d'origine à cause des mauvais traitements qu'ils risquent d'y subir. « L'Autriche refuse l'accueil des prisonniers. L'Amérique a créé Guantanamo. Elle doit aussi fournir la solution », a insisté la ministre autrichienne de l'Intérieur, Maria Fekter, lors d'un point de presse. Le ministre allemand Wolfgang Schäuble a jugé qu'il revenait « aux Américains de prendre leurs responsabilités ». « Une solidarité avec les Américains ne me paraît pas nécessaire et si on demandait leur avis aux ministres de l'Intérieur, il y aurait un grand accord pour dire qu'il n'y a pas besoin d'initiative européenne », a-t-il souligné. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, s'était pourtant déclaré favorable à une telle initiative. «Nous devons avoir une concertation européenne. En tout état de cause, le traitement devra se faire au cas par cas et non globalement, en fonction du passé et du passif » des personnes concernées, a déclaré la ministre française Michèle Alliot-Marie. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est dit jeudi favorable à un éventuel accueil « au cas par cas » en France de détenus de Guantanamo qui seraient libérés. Le sujet sera abordé le 26 janvier par les ministres des Affaires étrangères de l'UE lors d'une réunion à Bruxelles. Dans ses derniers propos à la presse, le président américain élu Barack Obama a indiqué que la fermeture de la prison de Guantanamo prendrait sans doute plus de temps que prévu. Pendant la course à la Maison Blanche, il avait promis que le camp de prisonniers aurait disparu 100 jours après son investiture. Pour la première fois, une ancienne responsable de haut rang de l'administration de George W. Bush a admis, mercredi 14 janvier, des actes de torture à l'encontre d'un détenu du camp de Guantanamo. Le président sortant a toujours affirmé que les États-Unis ne pratiquaient pas la torture. (B.C)

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