Bruxelles, 16/01/2009 (Agence Europe) - Réunis sous la houlette du commissaire Günter Verheugen le 16 janvier à Bruxelles pour évaluer la situation du secteur automobile européen durement frappé par la crise financière, les ministres de l'Industrie se sont accordés sur la nécessité d'un soutien public coordonné aux constructeurs automobiles européens pour les aider à surmonter le fort ralentissement de l'économie. Plusieurs projets ont été évoqués, comme les mesures d'incitation fiscale et les systèmes de prime à la casse. Si aucune mesure commune n'a été décidée, la réunion a confirmé qu'une aide supplémentaire de la BEI était à l'étude. La Commission et la Présidence tchèque rendront en mars des propositions sur la base de ces discussions.
Dans une déclaration, la Commission souligne la préoccupation des Vingt-sept concernant la détérioration de la situation du secteur automobile européen qui a vu ses ventes fondre de près de 8% en 2008, avec un recul brutal en fin d'année très menaçant pour l'emploi, et dont les perspectives pour 2009 sont encore plus sombres. Est en premier lieu soulignée la responsabilité qui incombe au secteur: l'industrie européenne est appelée à prendre les mesures nécessaires pour répondre aux problèmes structurels tels que la surcapacité et à la nécessité d'investir dans des technologies innovatrices, en coopération étroite avec les employés et en prenant en compte les besoins des fournisseurs et des détaillants. Tout en assurant sa compétitivité à long terme, le soutien public à court terme au secteur, comme reflété dans le plan européen de relance et les programmes nationaux, est quant à lui qualifié de « décisif ». Les ministres ont convenu de la nécessité de concentrer les efforts du soutien public sur l'innovation qui garantisse des solutions de haute technologie pour l'efficacité énergétique, la réduction des émissions de CO2 et la sécurité des véhicules. Le soutien public devra être « efficace et coordonné », en respectant les principes clés que sont l'ouverture des marchés, la concurrence loyale, la meilleure réglementation, la coopération et la transparence, et en évitant la « course aux subventions ». Pour garantir une meilleure coordination, les ministres ont fait part de leur volonté de coopérer avec la Commission sur les mesures nationales concernant en particulier le renouvellement de flotte, la transition sociale, le maintien des emplois qualifiés, le financement et les fournisseurs. Les ministres ont appelé la Commission à mettre rapidement en œuvre son plan de relance, en particulier en ce qui concerne l'accès au financement et le maintien de la main-d'œuvre qualifiée à travers le Fonds européen pour la mondialisation, le Fonds social européen et le cadre temporaire pour une application plus flexible des règles en matière d'aides d'État. Les ministres ont salué le soutien au secteur promis par la BEI et invité la Commission et la Banque à examiner comment améliorer l'utilisation des prêts envisagés pour ce secteur sans discriminer entre les fabricants et les États membres. Enfin, les ministres ont convenu de la nécessité d'amorcer un dialogue avec la nouvelle administration américaine sur le futur de l'industrie automobile. (E.H.)