Bruxelles, 14/11/2008 (Agence Europe) - Bien que la crise financière et économique mondiale rende les investissements plus difficiles, le moment est justement venu de faire un effort en faveur des énergies propres susceptibles de créer des emplois et de relancer la croissance. Un choix stratégique que résume bien le concept en vogue (mais à forte connotation historique) de « Green New Deal », appelé notamment de ses vœux par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon. Également défendu par le groupe des Verts-ALE au Parlement européen, ce message a été au cœur d'une conférence qu'ils ont organisée jeudi 13 novembre à Bruxelles. Voulant voir en ces temps de crises multiples (économique donc, mais aussi environnementale et sociale) le moment opportun pour agir, les Verts ont proposé une série d'instruments pour une meilleure gouvernance mondiale des marchés et l'instauration de ce « Green New Deal » respectueux des équilibres planétaires.
« On ne peut pas dissocier la crise financière et bancaire de la question du mode de développement. Il faut instaurer un 'New Green Deal' qui rende la finance plus responsable de ses actes », a souligné Pierre Jonckheer, vice-président du groupe, lors de la conférence. « Nous demandons au G20 de prendre sérieusement en considération l'idée de la Taxe Tobin pour lutter contre la spéculation financière et éviter l'éclatement de nouvelles crises », ce qui aurait l'avantage de freiner la spéculation « tout en permettant de dégager des ressources pour la création d'un fonds d'aide aux pays en développement et de combattre les atteintes à l'environnement », estime-t-il. Pour Daniel Cohn-Bendit, il n'y a « pas de solution nationale à la crise financière et que ceux qui le pensent, comme le gouvernement allemand, se trompent ». Le coprésident des Verts-ALE rappelle que l'instauration d'une taxe carbone « pourrait rapporter 400 milliards ». Et de conclure: « Si l'idée d'un New Green Deal en faisait rire plus d'un avant la crise, aujourd'hui, plus aucune force politique n'en fait l'économie. Nous nous en félicitons ». (A.B.)