Bruxelles, 27/10/2008 (Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur de l'UE ont indiqué leur souhait, vendredi 24 octobre, de coopérer davantage avec les États de l'Afrique de l'Ouest afin de lutter plus efficacement contre le trafic de drogue dans cette région. « Le trafic de drogue risque de contribuer encore plus à la déstabilisation d'une l'Afrique déjà fragile », a déploré la ministre française de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. L'Afrique occidentale est devenue une plate-forme pour le trafic de stupéfiants d'Amérique latine, ce qui représente « une menace directe et permanente », tant pour la région que pour l'Union européenne, soulignent les ministres, dans leurs conclusions. « Par la corruption qu'il génère, le trafic de drogue en Afrique de l'Ouest entrave le développement économique et social et la construction de l'État de droit », estiment-ils, soulignant qu'il n'est pas exclu que les revenus issus du trafic de stupéfiants puissent servir à financer des activités terroristes. Ils appellent donc à une action globale pour lutter contre ce problème stratégique, notamment au travers d'une coopération accrue des services répressifs des États membres de l'UE et des pays de l'Afrique de l'Ouest. L'UE va proposer la mise en place d'une telle coopération lors de la conférence internationale sur le trafic de drogue en Afrique de l'Ouest, qui débute ce mardi à Praia, capitale du Cap-Vert. Organisée par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la conférence regroupera plus de 200 experts venus de l'UE, des États-Unis, des pays d'Amérique du Sud, de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et d'Interpol. Près de 50 tonnes de cocaïne transiteraient chaque année par l'Afrique de l'Ouest, selon l'ONUDC. (B.C.)