Bruxelles, 27/10/2008 (Agence Europe) - À deux mois du début de la Présidence tchèque de l'UE, le gouvernement du Premier ministre Mirek Topolanek (ODS) ne tient qu'à un fil après la victoire écrasante de l'opposition sociale-démocrate aux élections sénatoriales du 25 octobre (le CSSD a remporté 23 des 27 sièges en jeu lors de ce renouvellement partiel du Sénat). Jiri Paroubek, le leader du CSSD, réclame des élections anticipées en 2009 ainsi que la démission immédiate de M. Topolanek (ce que ce dernier a refusé lundi). Il propose de mettre en place un « gouvernement d'experts » qui dirigerait le pays pendant la présidence de l'UE.
Traité de Lisbonne. La lourde défaite de l'ODS au sénat a aussi un impact direct sur la ratification parlementaire du Traité de Lisbonne en République tchèque. Alors que les députés ont déjà approuvé le traité, le débat au sénat est suspendu en attendant le verdict de la cour constitutionnelle à laquelle des sénateurs eurosceptiques de l'ODS ont demandé de se prononcer sur la compatibilité du Traité de Lisbonne avec la constitution tchèque (l'avis de la cour est attendu pour le 10 novembre). Au cas où la Cour conclurait que le nouveau traité n'entraîne pas de nouveaux transferts de souveraineté de la République tchèque vers l'UE, le traité pourrait être ratifié par une simple majorité des sénateurs. Par conséquent, l'ODS ne disposerait plus de suffisamment de voix pour bloquer la ratification du traité au sénat. En revanche, si la Cour devait estimer que le Traité de Lisbonne implique un nouveau transfert de souveraineté, une majorité des 3/5 serait requise pour sa ratification au sénat.
Comme si l'instabilité du gouvernement ne perturbait pas déjà assez les préparatifs de la présidence européenne, le président Vaclav Klaus a une fois de plus minimisé la portée de la première présidence de l'UE de son pays. L'Union est contrôlée par l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie et des petit pays n'ont aucune possibilité d'y exercer une quelconque influence, même s'ils exercent sa présidence tournante, a affirmé M. Klaus à la télévision tchèque le 26 octobre. La République tchèque ne doit donc pas prétendre être capable d'apporter un changement quand elle présidera les Vingt-sept, a conclu M. Klaus qui est aussi farouchement opposé au Traité de Lisbonne. Dans un entretien au quotidien Le Monde du 26 octobre, le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwartzenberg, précise que la politique étrangère et européenne du pays est conduite par le gouvernement « qui est favorable à la ratification du Traité de Lisbonne » et non par le président Klaus. Le traité sera ratifié d'ici la fin de l'année, assure M. Schwartzenberg qui insiste aussi sur le fait que son pays prépare sa présidence de l'UE avec sérieux et qu'il n'est pas plus eurosceptique que d'autres pays en Europe. « Je regrette qu'on nous présente comme les méchants de la pièce », affirme-t-il. (H.B.)