Bruxelles, 30/09/2008 (Agence Europe) - Les objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre contrarient les plans de l'agriculture irlandaise, surtout de l'élevage de bovins. Lors du Conseil Agriculture de lundi 29 septembre, à Bruxelles, le ministre irlandais Brendan Smith a estimé que les mesures de lutte contre le changement climatique doivent être plus souples.
Les objectifs globaux de réduction de gaz à effet de serre assignés à l'Irlande ne pourront pas être atteints sans un effort important de réduction dans le domaine agricole, s'inquiète la délégation irlandaise. Les émissions dans le secteur agricole interviennent en effet pour 26,4 % des rejets totaux émis par l'Irlande, contre seulement 9 % pour l'ensemble de l'Union européenne. Très performante, l'agriculture irlandaise dispose d'une marge de manœuvre très réduite en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agricole. Ce taux est évalué à pas plus de 3 % par les experts. Selon eux, une réduction supplémentaire de 3% pourrait être réalisée via le régime d'échanges d'émissions entre les États membres (crédits carbone). L'Irlande demande donc une application souple du dispositif de lutte contre les gaz à effet de serre, comme la fixation d'objectifs pluriannuels (au lieu d'annuels), une interdépendance entre les divers secteurs soumis au régime d'échanges d'émissions et ceux qui ne le sont pas (comme l'agriculture) ainsi que la possibilité de procéder à certains échanges entre les États membres.
Mariann Fischer Boel, la commissaire à l'Agriculture, a rappelé que la politique de développement rural peut offrir des incitants pour relever les nouveaux défis, tels que le changement climatique, ce que l'Irlande a déjà entrepris dans le cadre de ses programmes agro-environnementaux nationaux. Par ailleurs, elle a précisé que la Commission n'était pas favorable au principe de « bourse » de quotas d'émission. (L.C.)